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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE

Christophe de SAVIGNY (1530-1587)

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social, politique et spirituel. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’ εγκυκλο παίδεια  (« enkuklios paideia »), l’éducation circulaire qui embrasse un cercle entier.
Tout processus éducatif – tout enseignement reçu ou dispensé («enseignement de soi» et «enseignement des autres» ne peuvent être dissociés) – est paradoxal, comme l’écrit SAINT AUGUSTIN dans ses Soliloques « nous apprenons parfois que ce que nous croyions nôtre nous est étranger, et que ce que nous croyions étranger est nôtre ».

Le contexte de la globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances.
•   Comment une anthropologie de la citoyenneté peut-elle s’opposer à cette imposition ?
•   Quelles initiatives peuvent y participer (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…) ?
Deux questions nous interrogent sans relâche :
•   Quelles formes de démocratie pour quels territoires ?
•   Quels territoires pour quelles démocraties ?
Pour une anthropologie globale du présent (1)
• 
« L’anthropologie est la discipline qui a pour spécificité un mode de production des connaissances fondé sur la communication interpersonnelle avec les acteurs. » (p. 10)
•   « L’anthropologie et ses interlocuteurs n’échappent pas plus que les autres à ces bulles cognitives qui fonctionnent sur le commun des intérêts et font marcher les marchés réels de l’irréel, et irréels du réel. » (p. 22)
•   S’impose à nous « de penser et de déchiffrer le monde présent tel qu’il est, avec toutes ses saillances d’horreurs et ses creusets d’artifices imaginaires toujours plus nombreux » en ayant comme perspective « que ce dévoilement des significations écartelées permette de poser des repères aux cheminements à venir. » (p. 169)
•  
Et une dernière devise pour la route : « Déchiffrer à vif les configurations troubles de nos univers partagés ». (p. 10)
1. SELIM Monique, Anthropologie globale du présent, L’Harmattan, 2019, 259 p. ISBN 978-2-3-43-17467-9

Bernard MÉRIGOT
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Covid-19. Anthropologie des nouvelles normalités sociales

«LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°431, lundi 16 novembre 2020

« Confinement, couvre-feu, état d’urgence sanitaire, télétravail, distanciation physique, gestes barrière, port du masque, gel hydroalcoolique, continuité pédagogique, bulles sociales… notre monde à changé », constatent les organisateurs du Festival des Idées « consacré aux nouvelles normalités qui se tient les 20 et 21 novembre 2020. » (1).
Nous sommes désormais entrés depuis mars 2020 dans une sorte de nouvelle ère, celle du covidocène. Les normalités sociales agissent habituellement de façon invisible. Existant de façon structurante, elles ne sont « révélées » – dans le même sens que celui du processus de la révélation chimique d’une image photographique argentique – qu’en deux circonstances :

  • lorsqu’un chercheur, ou une chercheuse, se penche sur elles dans le cadre d’une étude d’un terrain spécifique,
  • ou bien, lorsque qu’un acteur de la vie sociale prend conscience subitement que de nouvelles normalités ont remplacé d’autres normalités disparues.

Toute crise produit l’apparition de nouvelles normalités sociales qui après avoir marqué la vie quotidienne, marquent les actualités médiatiques, les idées et la recherche. C’est dans ce sens que nous devons saisir cette « révélation ». Il appartient pour sa part à l’anthropologie, comme aux autres sciences humaines et sociales, d’éclairer – autant qu’il est possible – les gouvernances hésitantes et confuses du pouvoir politique en France en matière de « guerre » contre le virus Covid-19.

La fermeture des librairies en octobre 2020, considérées comme des « commerces non-essentiels », aura démontré au monde entier qu’il est plus dangereux sur le plan sanitaire, de fréquenter une librairie que d’emprunter les transports en commun aux heures de pointe.
Le message est paradoxal : on attrape, ou bien on transmet, davantage le Covid-19, lorsqu’on achète un livre que lorsqu’on se trouve dans une grande surface, le métro, un bus, un train…
Les livres, les librairies et le bibliothèques, sont depuis l’apparition de l’écriture, des
remèdes pour « bien des choses » (la solitude, la désespérance, l’ignorance, le savoir, la science, la prière…). Ils sont devenus des  pharmakon (φάρμακον), c’est-à-dire à la fois des remèdes qui guérissent, et des poisons qui peuvent tuer. Étrange et inquiétante prémonition de temps à-venir qui inciteront un jour à brûler les livres, responsables de propager le coronavirus ?

De tels enchaînements font partie des nouvelles normalités sociales du moment. Quels en sont les fondements ? Constituent-ils des développements inédits ? Quels en sont les arbitres ?

Coronavirus-19. « Dispositif mis en place par la Ville ». Affiche apposée sur la porte de la Mairie de Savigny-sur-Orge (Essonne), 30 mars 2020. © Photographie Bernard Mérigot.

L’ENDIGUEMENT SANITAIRE DES TERRITOIRES

«Suite aux annonces du Président de la République visant à endiguer la propagation du virus Covid-19 sur notre territoire, la municipalité a pris les dispositions complémentaires suivantes, et ce jusqu’à nouvel ordre.»
Ville de Savigny-sur-Orge, 30 mars 2020

Cette simple phrase mérite d’être commentée. Outre le fait que le Président de la République agit ici dans une fonction nouvelle d’ « endigueur » d’épidémie (Que font les pouvoirs publics ? Il endiguent, Monsieur), on notera qu’elle s’applique à « notre territoire », comme si cette notion était pertinente au regard de la propagation d’un virus. Pour la raison simple qu’à côté d’un territoire, il y a un autre territoire, et puis un autre encore… De proche en proche, la succession d’entités limitrophes, fait qu’il y a toujours un second territoire derrière un premier. Il est souhaitable que s’y trouve chaque fois des endigueurs, tous également déterminés, formant une chaîne continue de protection. Le pire est à craindre lorsqu’une commune devient un maillon faible et se révèle défaillante : la chaîne se rompt. L’État globalement défaillant par nature, saura dire par médias interposés, que ce n’est pas de sa faute, mais celles « des autres », triste preuve d’insolidatité républicaine.

Maintenant, « notre territoire » est la marque de l’obéissance à la règle de compétence administrative qui fait qu’un maire et son conseil municipal ne sont compétents que dans la limite du territoire de leur commune. Se pose ici la question de la géométrie de l’action publique. La commune est-elle pertinente dans le cadre d’une urgence sanitaire mondiale ? Que peut-elle ? Qu’en-est-il dans le cas présent de l’intercommunalité (GOSB), du département (Conseil général de l’Essonne), de la région (Conseil régional d’Ile-de-France), de la Métropole du Grand Paris (MGP) ? Qui fait quoi ? La question se prolonge jusqu’au Parlement européen et à la Commission européenne, instances bien silencieuses dans la crise du Covid-19, et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), conforme à la réalité de toutes les organisations internationales dont la vraie devise est à ce jour dans ce domaine de l’endiguement, « Prestige et inefficacité ».

Alors, il reste les pauvres communes, avec leurs pauvres moyens, sans cesse rabotés par l’État, pour tenir le choc face aux attaques du virus. C’est sur elles que se décharge tous les jours un État prometteur et défaillant, limitant à chaque instant leurs pouvoirs et critiquant l’insuffisance de leurs actions. Rappelons que le maire de Sceaux a prit en mars 2020 un arrêté municipal pour imposer le port du masque dans la rue. L’État lui adressa-t-il ses félicitations? Non, le préfet attaqua l’arrêté devant le Tribunal administratif qui prit un jugement pour l’annuler.
Il est vrai que c’était à une époque ou la Secrétaire d’État à l’information se répandait à la télévision pour expliquer que « les masques ne servaient à rien », et que de toute façon, « elle ne savait pas comment le mettre ».
Combien de vies auraient-elles pu être sauvées, à Sceaux et dans les environs, si cette obligation avait été exécutée ?

CRISES ET NOUVELLES NORMALITÉS

« Les normalités sociales sont en construction permanente, elles sont mouvantes et plurielles », relèvent Raphael COSTAMBEYS-KEMPCZYNSKI, directeur du Festival des idées, délégué général de l’Alliance Sorbonne Paris Cité et Thomas STOLL, responsable du Festival des idées Paris, chef de projet communication scientifique à Université de Paris. (1). Pour eux, cette problématique ne se limite pas à la question de la pandémie du Covid-19. Elle a été précédé avant 2020 par des formes de militantisme comme Extinction Rebellion, Black Lives Matter, #MeToo… qui ont fait émerger de nouvelles normalités. Ils notent l’attente d’un retour à la vie d’avant, « sans masques, sans distanciation sociale, sans clusters ». Mais, interrogent-ils, « un retour à la normale est-il possible ? ». Nombre d’ anciennes normalités appartiennent à un monde qui n’est plus. Quelles seront les nouvelles normalités ?

  • Pendant la crise, les sociétés du monde sont réceptives à un changement d’usage immédiat pour faire face à la menace.
  • Après la crise, le temps s’inscrit dans une démarche longue qui suppose l’acceptation que le monde a fondamentalement changé.
  • Les nouvelles normalités de demain ne pourront se déprendre de l’acceptation que l’état de crise est devenue une réalité permanente, sans cesse recommencée.

QU’ENTEND-T-ON PAR « NORMALITÉS SOCIALES » ?

Une norme sociale est définie par la Sociologie ainsi : « Principe ou modèle de conduite propre à un groupe social ou à une société.» (2)

Les normes sociales :

  • sont conformes à ce qui est communément admis et légitimé par le système de valeurs propre à chaque société ou à chaque groupe social. Les normes sociales
  • sont intériorisées par les individus au cours de la socialisation et régulent les comportements par des sanctions positives ou négatives, formelles ou informelles, quand il y a transgression ou non-conformité.»

La normalité est ce qui est conforme, ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend pas, ne dérange pas, n’attire pas la curiosité. C’est la règle à suivre. dans laquelle la culture croit que réside son équilibre par rapport à ce qui relèverait de normes universelles. Comment alors saisir la genèse des phénomènes sociaux, que ce soit l’action orientée vers autrui de Max. Weber, les faits sociaux de Émile Durkheim, les structures sociales de T. Parsons ou de Pierre. Bourdieu, la rationalité de l’acteur de Raymond. Boudon, l’ordre social interactif d’Erwin Goffman, ou encore de l’ethno méthodologie ? Pour l’anthropologie sociale la normativité demeure une spécificité mouvante des sociétés humaines, avec sa part de lumière visible et d’obscurité cachée. (3)

COVID-19 (2020)
LES NOUVELLES NORMALITÉS
CULTURELLES, SOCIALES ET POLITIQUES

Lorsque les organisateurs des Nouvelles normalités remarquent que « la sidération passée, la pandémie et ses conséquences ont créé de nouvelles formes de normalité », ils notent 5 questions :

  • Jusqu’à quel point les vies des survivants sont-elles aujourd’hui bouleversées ?
  • Quelle mémoire l’humanité conserve-t-elle des pandémies passées ?
  • Qui sont les plus vulnérables à une crise sanitaire ?
  • Peut-on se satisfaire de la façon dont les médias traitent l’information ?
  • L’état de crise permanente (vivre pour toujours avec le virus) est-il devenu une nouvelle normalité mondiale ?

La crise nous demande de repenser notre monde dans tous les domaines : conditions sanitaires, migrations, écologie, durabilité, anthropocène, jeunesse, éducation, enseignement…

En sommes-nous capables ? Pour y répondre, six séries de questions.

  1. Égalité ou inégalité des victimes ?
  2. Crise inédite ou bien répétition de crise ancienne ?
  3. Le traitement des animaux par l’homme doit-il changer ?
  4. Une « bonne gestion » de la crise est-elle possible ?
  5. Quels imaginaires pour penser le monde d’après ?
  6. La sciences et les médias sont-il deux mondes en conflit ?

Covid-19. Fermeture des églises. Message de Mgr Michel PANSARD, évêque d’Évry Corbeil-Essonnes en date du 18 mars 2020, et Message du Père Thierry DAVID, curé de Savigny-sur-Orge. Documents affichés à la Maison paroissiale Bonne nouvelle, 10 mai 2020. Depuis cette date, les églises ont rouvert, puis tout en restant ouvertes (pour prier) ont été interdites (pour les cérémonies). © Photographie Bernard Mérigot/CAD.

I. ÉGALITÉ OU INÉGALITÉ DES VICTIMES DEVANT LE VIRUS

À première vue la Covid-19 frappe tout le monde, sans distinction. Mais rapidement médecins et chercheurs relèvent de fortes inégalités entre les classes sociales atteintes (métier, territoire, sexe, ethnicité…). Les plus pauvres et les plus défavorisés sont les plus atteints.

  • En quoi notre environnement et nos conditions de vie font-ils de nous des personnes à risque ?
  • Comment expliquer les disparités entre zones géographiques ?
  • De quelles manières la crise et le confinement touchent-ils les plus précaires ?

II. CRISE INÉDITE OU BIEN
RÉPÉTITION DE CRISE ANCIENNE ?

De la peste de Justinien à Rome à la Covid-19, en passant par la peste bubonique, la variole ou la grippe espagnole, les grandes pandémies seraient porteuses d’enseignements. La sidération générée par la pandémie et par le confinement a rapidement engendré la croyance en un « monde d’après ».

  • Y a-t-il un héritage des pandémies du passé ?
  • Qu’est-ce que l’histoire des pandémies peut-elle nous apprendre ?
  • L’espérance d’un monde d’après, différent de celui d’avant, est-elle une illusion déjà vécue par l’humanité ?
  • A quelle mémoire des pandémies doit-on se référer pour penser la crise présente, penser l’après-crise, et éviter – ou minimiser – de nouvelles crises ?

III. LE TRAITEMENT DES ANIMAUX
PAR L’HOMME DOIT-IL CHANGER ?

On ne compte plus le nombre de virus transmis de l’animal à l’homme. Le Covd-19 a assuré la notoriété du pangolin. Aujourd’hui l’élevage et la pêche intensive détruisent l’environnement et la biodiversité : le nombre d’espèces qui disparaissent chaque jour ne fait qu’augmenter. Quant-à la souffrance animale est de plus en plus mal supportée et la soumission de l’animal à l’homme fait débat.

  • La nouvelle normalité alimentaire est-elle d’arrêter de manger de la viande ?
  • Tous les animaux sont des êtres sensibles. Faut-il en finir avec toute les domestications animales ?

 IV. UNE « BONNE » GESTION POLITIQUE
DE LA CRISE EST-ELLE POSSIBLE ?

Saluée ou critiquée, l’action des États pose de multiples questions de la part des citoyens, exclus des décisions (ou de l’absence des décisions) prises par les politiques.

  • La peur est- elle nécessaire pour gérer une pandémie ?
  • La politique qui vise à « rassurer l’opinion publique » est-elle démocratiquement judicieuse ?
  • Faut-il mentir pour éviter la panique ?
  • Le confinement est-il la seule solution la plus efficace ?
  • Les systèmes de santé sont- ils en mesure d’être réformés par les gouvernements ?
  • La centralisation française et les politiques d’austérité peuvent-elles être remises en cause?
  • La situation est-elle mieux gérée ailleurs dans le monde ?
  • Les instances européennes et L’Organisation Mondiale de la Santé ont-elles fait la preuve de leur efficacité ?

V. QUELS IMAGINAIRES POUR PENSER LE « MONDE D’APRÈS »

Virus, épidémies, armes nucléaires, astéroïdes, glaciation, planète de singes, monstres nés d’expérimentations… Autant d’imaginaires de fin du monde développés par d’innombrables films, séries télévisées et jeux vidéos.

  • Pourquoi les récits de catastrophes sont-elles aussi fascinants ?
  • Ont-ils une influence sur notre perception du monde ?
  • La pandémie actuelle peut-elle changer notre regard à l’égard des récits de fiction ?

 VI. LA SCIENCE ET LES MÉDIAS
SONT-ILS DEUX MONDES EN CONFLIT ?

Objets d’une médiatisation sans précédent, les experts scientifiques ont été à la fois utilisés et instrumentalisés par les médias.

  • Le temps des médias et le temps de la science sont-ils compatibles ?
  • Les médias favorisent-ils les débats scientifiques ou bien les empêchent-ils ?
  • De quelle manière des connaissances scientifiques sont-elles transférées vers les médias ?
  • Les scientifiques sont-ils capables de s’adresser au public (qui ne sont pas leurs étudiants d’université) autrement que pour promouvoir leurs derniers livres publiés ?
  • Les journalistes sont-ils en mesure de rendre compte de sujets dont ils ignorent (presque) tout ?
  • Comment les scientifiques organisent-ils le traitement entre eux de leurs propres connaissances en construction ?

Covid-19 et transports en commun. « Nous recommandons aux personnes sensibles ou fragiles de rester autant que possible à leur domicile », Écran d’information de la SNCF/RER C, Gare de Savigny-sur-Orge, mars 2020, 09 H 25. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.

CONCLUSION

LE FATALISME CONTRAINT

La Covid-19 pose la question de la prise en compte de la pertinence – et de la légitimité – du regard de l’anthropologie sur la médecine et sur la santé publique.

« Les progrès récents de la médecine et de l’anthropologie amènent à s’interroger sur les relations et les apports mutuels de ces deux disciplines. L’anthropologue s’intéresse à la diversité humaine et l’étude de l’homme dans sa complexité, ses variations dans le temps, dans l’espace. L’analyse de l’évolution de la diversité humaine en rapport avec des accidents écologiques ou des événements historiques est de nature à permettre une extrapolation vers le futur d’événements actuels » (TELMON, SAVALL et ROUGÉ, 2015) (4)

La pandémie Covid-19 apparue en 2020, constitue un accident écologique mondial qui a établi de nouvelles normalités sociales affectant subitement les modes de vie, le travail, les rapports avec les autres… Elles se sont imposées comme « naturellement » acceptables, et acceptées « avec résignation » par nos sociétés de ce début du XXIe siècle. Tout du moins jusqu’à ce jour.

Il est désormais dans l’ordre des choses que presque tous les membres d’une famille, d’une entreprise, d’une collectivité, d’un établissement scolaire, d’un EPAD… soient subitement atteints par le virus, avec cette part irréductible d’incertitude relevant de l’âge et de la vulnérabilité, unissant à un moment originel, pour les séparer ensuite :

  • le porteur asymptomatique,
  • le « cas contact » dans l’attente anxieuse des résultats de son test,
  • le malade « léger » assigné à domicile,
  • le patient hospitalisé, qu’il soit en réanimation, en voie de guérison, ou pire, en attente d’une issue fatale.

Ce dernier cas, lorsqu’il survient, possède une double réalité :

  • une réalité humaine, infiniment tragique pour ses proches,
  • une réalité statistique, froidement mécanique, pour les gestionnaires de la santé publique qui inscrivent alors dans les états quotidiens qu’ils tiennent : « un lit de réanimation libéré ».

La crise Covid-19 a mis en lumière les errements des administrations et des élus, désemparés, se contredisants les uns les autres au fil des semaines (« c’est une grippette/c’est une maladie mortelle », « les masques ne servent à rien/ils sont obligatoires », « les tests sont inutiles/ils sont obligatoires », « les commerces peuvent demeurer ouverts/doivent fermer », « tous les établissements scolaires doivent être ouverts…), changeant d’avis chaque jour, sur les lieux, les dates et les heures de confinement, de dé-confinement et de couvre-feu.

Toutes ces réalités vécues induisent de nouvelles normes sociales. Globalement respectées, elles demeurent porteuses d’interrogations à l’adresse des gouvernants sur les trois temps du passé, du présent et du futur. Elles ne recueillent que le silence. Pourquoi rien n’a été prévu avant ? Quelle est la logique démocratique partagée qui est à l’oeuvre aujourd’hui ? Qu’est-ce qui est prévu pour demain ?

« De plus en plus souvent les maladies ou les prédispositions se définissent par un écart à la norme. Mais quelle norme, pour quelle population, voire pour quel individu ? » interrogeaient en 2015 les trois chercheurs déjà cités.
Ils poursuivaient : « L’approche anthropologique essaie de mesurer la normalité dans une population, en ce sens elle apparaît complémentaire de la médecine notamment préventive et peut permettre d’affiner des décisions de santé publique. L’anthropologie peut être une aide à la détermination et/ou l’actualisation des normes biomédicales, amenant à s’interroger de plus en plus souvent sur la méthodologie de constructions scientifiques de ces normes. »

Force est de considérer que leurs recommandations n’ont pas été entendues. C’est dommage. Elles sont toujours d’actualité. Seront-elles prises en compte ? Et quand ?

Bernard MÉRIGOT


« Derrière notre masque, on vous attend avec le sourire ». Panneau posé à l’entrée d’un restaurant lors après la fermeture des restaurants durant le premier confinement Covid-19 (mars -11 mai 2020), Restaurant La Villa, Saint-Jean-de-Monts (Vendée), 23 juin 2020. © Photographie Bernard Mérigot/CAD. « Chers clients, Dans le contexte actuel, nous mettons tout en œuvre pour vous sentir dans les meilleures conditions. Ici, nous sommes 15 employés à l’année. Nous n’avons pas augmenté nos tarifs, aucun changement de notre carte été. Merci de votre confiance. Derrière notre masque, on vous attend avec le sourire. » Depuis cette date, les restaurants ont été à nouveau fermés…


DOCUMENT

NORMES
NORMES ANCIENNES, NOUVELLES NORMES
Citations

  • Notre existence pré- Covid-19 n’était pas « normale », à moins que nous considérions « normalité » la cupidité, l’inéquité, l’épuisement, le burn- out, la déconnexion, la confusion, la rage, la thésaurisation, l’avidité, la haine et le manque.
    Sonya Renee TAYLOR, artiste, poète, activiste
  • Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux.
    Judith BUTLER, philosophe
  • La vie est ainsi faite que ce qui arrive ne ressemble jamais à ce qu’on en attendait.
    Charlotte BRONTË, romancière
  • La normalité demeure une question relative à une époque et à une civilisation. Or chaque culture a tendance a croire que son équilibre est la norme universelle.
    Fernand OUELLETTE, écrivain, poète
  • Il n’y aura pas de retour à l’ancienne normalité dans un avenir prévisible.
    Tedros Adhanom GHEBREYESUS, directeur général de l’OMS
  • Tout organisme pour s’adapter doit innover, tenter une aventure hors de la norme, engendrer de l’anormalité afin de voir si ça marche, car vivre, c’est prendre un risque.
    Boris CYRULNIK, neuropsychiatre
  • Si le confinement a eu un effet, c’est de nous déconfiner de cette idée d’une voie unique vers le progrès.
    Bruno LATOUR, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences
  • Toute la question maintenant est celle de la durabilité de la prise de conscience et de la volonté de faire autrement.
    Cynthia FLEURY, philosophe, psychanalyste
  • Quelquefois ces éclairs de normalité m’arrivent de côté comme des embuscades. L’ordinaire, l’usuel, un rappel, tel un coup de pied.
    Margaret ATWOOD, romancière, poétesse, critique littéraire
  • En tant que président, je serai comme le candidat que je suis, un candidat normal à une présidence normale, au service de la République.
    François HOLLANDE, ancien Président de la République
  • Il n’y a pas de normes. Tous les hommes sont des exceptions à une règle qui n’existe pas.
    Fernando PESSOA, écrivain, critique littéraire, poète
  • Ne baissez pas vos normes pour quoi que ce soit ou pour n’importe qui.
    RIHANNA, artiste, musicienne
  • La société, ce sont tous ceux qui alimentent le système et la conviction que la normalité est la seule voie possible.
    Claire FAVAN, romancière
  • Si tout un chacun respecte les règles en vigueur et se plie aux normes, c’est toute la société qui se retrouve normale et qui stagne.
    Bernard WERBER, écrivain
  • La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre.
    David CRONENBERG, artiste, cinéaste
  • Luttez pour les choses qui vous tiennent à cœur, mais faites-le d’une manière qui amènera les autres à vous rejoindre.
    Ruth Bader GINSBURG, avocate, juge, membre de la Cour suprême des États-Unis

L’ours en peluche géant, nouveau marqueur de distanciation sociale. Matérialisation des « chaises barrières » sur lesquelles il ne faut pas s’asseoir, au lendemain du premier confinement Covid-19. Terrasse du  Café Restaurant Brasserie « Le Choupinet », 58 boulevard Saint-Germain/2 place Edmond Rostand, Paris 6e, 24 septembre 2020. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.

 

A la fin de l’année 2018, des ours en peluche sont apparus à la terrasse de cafés dans des quartiers de Paris, notamment aux Gobelins. Les raisons sont diverses. Voir l’article : « Invasion de nounours géants dans le quartier des Gobelins à Paris », Le Figaro, 22 novembre 2018.
https://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2018/11/22/30004-20181122ARTFIG00099-invasion-de-nounours-geants-dans-le-quartier-des-gobelins-a-paris.php
Après les huit semaines du premier confinement Covid-19  (17 mars – 10 mai 2020), la question respect des distances-barrières à respecter s’est posée dans les lieux recevant du publics. La présence des ours en peluche a pris un nouveau sens, rappelant l’obligation gouvernementale de respecter « ses distances », et donc de ne pas s’asseoir sur certaines chaises. Puis les terrasses ont été à nouveaux fermées…

RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE

1. COSTAMBEYS-KEMPCZYNSKI Raphaël et STOLL Thomas, « Confinement, couvre-feu, état d’urgence sanitaire, télétravail, distanciation physique, gestes barrière et bulles sociales : notre monde a changé », Présentation de Nouvelles normalités, Festival des idées, Alliance Sorbonne Paris Cité, 20-21 novembre 2020.

2. ALPE, Y., LAMBERT, J.-R., BEITONE, A., DOLLO, C., et PARAYRE, S., Lexique de sociologie, Paris, Dalloz, 2007, p. 204
Voir aussi :

3. RAMOGNINO Nicole, « Normes sociales, normativités individuelle et collective, normativité de l’action », Langage et société, 2007/1 (n° 119), p. 13-41. DOI : 10.3917/ls.119.0013. URL : https://www.cairn-int.info/revue-langage-et-societe-2007-1-page-13.htm

4. TELMON N., SAVALL F. et ROUGÉ D, « Apport des méthodes scientifiques de l’anthropologie à la médecine et la santé publique », 26 juin 2015, Ethics, Medecine and Public Health/Éthique, Médecine et politique publiques de Santé, Elsevier Masson, Vol. 1, n°2, avril 2015, p. 248-251. https://www.em-consulte.com/article/987166
UMR 5288 CNRS, Laboratoire d’anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse, Université Paul-Sabatier, 37, allée Jules-Guesde, 31073 Toulouse Cedex, France.

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Coronavirus-19. « Dispositif mis en place par la Ville ». Affiche apposée sur la porte de la Mairie de Savigny-sur-Orge (essonne), 30 mars 2020. © Photographie Bernard Mérigot.
  • Covid-19. Fermeture des églises. Message de Mgr Michel PANSARD, évêque d’Évry Corbeil-Essonnes en date du 18 mars 2020, et Message du Père Thierry DAVID, curé de Savigny-sur-Orge. Documents affichés à la Maison paroissiale Bonne nouvelle, 10 mai 2020. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.
  • Covid-19 et transports en commun. « Nous recommandons aux personnes sensibles ou fragiles de rester autant que possible à leur domicile », Écran d’information de la SNCF/RER C, Gare de Savigny-sur-Orge, mars 2020, 09 H 25. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.
  • Covid-19. Restaurants ouvert. « Derrière notre masque, on vous attend avec le sourire ». Panneau posé à l’entrée d’un restaurant lors après la fermeture des restaurants durant le premier confinement Covid-19 (mars -11 mai 2020), Restaurant La Villa, Saint-Jean-de-Monts (Vendée), 23 juin 2020. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.
    « Chers clients, Dans le contexte actuel, nous mettons tout en œuvre pour vous sentir dans les meilleures conditions. Ici, nous sommes 15 employés à l’année. Nous n’avons pas augmenté nos tarifs, aucun changement de notre carte été. Merci de votre confiance. Derrière notre masque, on vous attend avec le sourire ».
  • L’ours en peluche géant, nouveau marqueur de distanciation sociale. Matérialisation des « chaises barrières » sur lesquelles il ne faut pas s’asseoir au lendemain du premier confinement Covid-19. Terrasse du  Café Restaurant Brasserie « Le Choupinet », 58 boulevard Saint-Germain/2 place Edmond Rostand, Paris 6e, 24 septembre 2020. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.

ARTICLES EN LIGNE RN LIGNE SUR LE SITE http://mieuxaborderlavenir.fr
concernant le Coronavirus / Covid-19


La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°431, lundi 16 novembre 2020


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ISSN 2261-1819 BNF. Dépôt légal du numérique
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Coupures volontaires d’électricité. ENEDIS traite avec une légèreté cynique ses abonnés

Les abonnés aux services publics d’électricité, d’eau, de gaz… ont-ils droit à un service continu de distribution, ou bien sont-ils soumis au bon vouloir des fournisseurs d’énergie ? Telle est la question qui se pose à propos des arguments que l’entreprise utilise pour annoncer ses suspensions temporaires de la fourniture d’énergie.

« Afin d’améliorer la qualité de la distribution électrique… », ou comment ENEDIS annonce qu’il coupe le courant pendant cinq heures, et crée ainsi pour les abonnés concernés, un mercredi noir le 7 octobre 2020. Lettre en date du 10 septembre 2020.

ENEDIS, par un courrier en date du 10 septembre 2020 (posté le 11 septembre, et distribué dans les boîtes à lettres par La Poste, le 15 septembre), informe un certain nombre de ses abonnés d’une coupure de courant

le mercredi 7 octobre de 9 H 00 à 14 H 00,

soit pendant une durée de cinq heures.

Cinq heures. Nous sommes en en automne, et le service de la météorologie nationale annonce une température comprise entre 10° à 17° durant la journée.

Cinq heures :

  • sans chauffage électrique (même une chaudière à gaz ou à bois a besoin d’électricité pour fonctionner),
  • sans interphone, sans gâches électriques, sans ascenseur,
  • sans réfrigérateur ni congélateur,
  • sans lumière, sans télévision, sans radio,
  • sans eau chaude,
  • sans Internet, sans téléphone, sans mails, sans ordinateur, sans imprimante : donc privé de télétravail,
  • sans cuisine,
  • sans boisson chaudes…

Le motif de la « réalisation de travaux sur le réseau électrique » est avancé comme une fatalité insurmontable à laquelle tout le monde doit se résigner.

Il est surprenant que « l’électricité en réseau », le slogan d’ENEDIS qui figure sur son en-tête, ne permette pas, grâce à ses multiples maillages, une alimentation transitoire de secours.

Les usagers sont traités avec une légèreté cynique par un distributeur, seul maître à bord. J’allume. J’éteins. Ah, si j’éteins, c’est parce que j’y suis obligé, pour votre bien. Ca sera mieux demain. Vous verrez. Après tout, cinq heures, dans le froid et dans le noir, c’est pas le bout du monde.
Ce qui correspond à une relation de domination que l’on qualifiait, en d’autre temps, de relation coloniale : Ce que j’exécute est conforme àtre condition : elle est de subir mon bon vouloir.

Ce mercredi 7 octobre 2020 sera un mercredi noir. Il a un coût financier, humain, social, sanitaire.
Sans que l’on sache si toute la commune est touchée par ce courrier, et cette rupture de la continuité d’alimentation électrique, ou bien seulement certaines rues, et certains quartiers.
Sans que l’on sache combien de foyers et d’habitants sont concernés.Les commerces et les artisans sont-ils touchés comme les particuliers ?
La commune est occupée par de multiples chantiers de construction d’immeubles. Les grues en constituent les repères géographiques. Ces chantiers de BTP, qui sont de gros consommateurs d’électricité (les grues et les multiples machines électriques) seront-ils privés d’électricité et de travail ? Il serait discriminatoire que certaines catégories d’usagers soient concernés et pas d’autres.


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • « Afin d’améliorer la qualité de la distribution électrique… », ou comment ENEDIS annonce qu’il coupe le courant pendant cinq heures, créant ainsi pour les abonnés concernés  un mercredi noir le 7 octobre 2020. Lettre en date du 10 septembre 2020.

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Laudato Si’ : une invitation à pratiquer la sobriété et à consommer autrement (Université d’été du Service national de la mission universelle de l’Église)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°417, lundi 10 août 2020

Ce que l’on appelle « l’écologie », en ce début de XXIe siècle, n’est  en rien un mouvement unitaire. L’histoire du concept traverse les clivages politiques et religieux. Pour l’Église catholique, l’encyclique Laudato Si’ (2015) du pape François a constitué une prise de position historique. Elle se fonde sur un important socle de références à la Bible et aux Écritures et anime les réflexions théologiques. Elle constitue une remise en cause du modèle de développement capitaliste néolibéral que nous nous connaissons aujourd’hui. Elle convoque tous ceux qui partagent et pratiquent une même foi afin de modifier leur comportements et de faire évoluer les comportements des autres. De très nombreuses rencontres et formations sont organisées régulièrement. Elles constituent la partie visible de réseaux qui confrontent de façon ouverte, les expériences vécues selon des modalités concrètes. Comme l’université d’été autour de Laudato Si’ qui se tient à Lyon du 24 au 28 août 2020. (1)

Domaine Saint-Joseph. Université d'été 2020

« Laudato Si’ : une invitation à la sobriété. Consommer autrement », Université d’été organisée par Service national de la mission universelle de l’église (SNMUE) et le Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI) du 24 au 28 août 2020 au Domaine Saint Joseph à Lyon.

Laudato Si’
À L’HEURE DE LA CRISE COVID 19

« L’invitation à la sobriété et à d’autres modes de consommation pour que soit vécu Laudato Si’ dans toutes les communautés catholiques est un thème qui nous relie à la crise actuelle de la crise de la Covid 19. Cette démarche, qui est en cours de la Conférence des évêques de France, nous donne des raisons de réfléchir ensemble sur ce qui doit changer pour que le monde devienne un espace de vie harmonieux et heureux pour tous et pour les générations futures. » (2)

« Laudato Si’: une invitation à pratiquer la sobriété et à consommer autrement » est le thème choisi pour l’université d’été organisée chaque année par le Service national de la mission universelle de l’Église (SNMUE) à la fin du mois d’août. Elle est destinée à offrir un temps de formation aux membre de son réseau. Elle est co-organisée cette année avec le Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI). (3)

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ 2020
Laudato Si’
Invitation à pratiquer la sobriété et à consommer autrement

  • Introduction à la réflexion en présentant les grandes questions que pose notre modèle de société, en lien notamment avec la crise sanitaire de la Covid 19.
  • Réflexions sur la sobriété heureuse comme mode de vie et de consommation alternatif.
  • Propositions de la société civile et de l’Église pour une autre façon de vivre
  • Visites de terrain, à la rencontre des acteurs engagés dans des expériences écologiques.
  • Engagements concrets à proposer dans les diocèses et communautés.

PROGRAMME

Lundi 24 août 2020

  • Mot d’accueil, par Mgr DUBOST.
  • Introduction et mise en perspective et résultats attendus, par le Père Carlos CAETANO.
  • Après la pandémie de la Covid 19, où en sommes-nous ?, par Gaël GIRAUD.

Mardi 25 août 2020

  • Laudato Si’ : un appel à la conversion écologique, par Emmanuel LAFONT et Fabien REVAL.
  • Sobriété heureuse : de quoi parle-t-on ?, par Elena LASIDA.
  • La fresque du climat. Atelier participatif expliquant le climat et son dérèglement avec la rigueur scientifique du GIEC.

Mercredi 26 août 2020

  • Visite de la Maison de Lorette où vécut Pauline JANICOT.
  • Visite d’initiatives d’Églises écologiques.

Jeudi 27 août 2020

  • Consommer autrement, par Marie-Hélène LAFAGE.
  • Consommer autrement. L’alimentation, par Benoît-Joseph PONS.
  • Le rôle des médias alternatifs, par Bernard SALAMAND.

Vendredi 28 août 2020

  • Quelles implications pour notre mission ?

LE DOMAINE SAINT JOSEPH DE LYON
Une biodiversité préservée

L’université d’été « Laudato Si’ : une invitation à la sobriété, consommer autrement » se tient au Domaine Saint Joseph à Lyon (Rhône). Une occasion de s’y arrêter un instant.

Parc du domaine Saint-Joseph à Lyon (Rhône). Photo extraite de https://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr/

Le lieu où se tient une réunion de formation, d’étude et de réflexion, que celle-ci soit sur un sujet culturel, spirituel, politique, social… n’est jamais indifférent. Son choix est porteur de sens : il met en rapport des hommes et des femmes se retrouvant pour passer un temps en commun, dans un lieu marqué par une histoire et par ses évolutions.

L’histoire du Domaine Saint‐Joseph débute en 1926, sur les terres de l’archidiocèse de Lyon où une grande bâtisse est construite en plein cœur de la verdure. Le lieu, propice à la tranquillité, accueille des séminaristes de la région lyonnaise venus étudier la philosophie. Au fil des décennies, des groupes confessionnels (prêtres, religieux et laïcs) s’y retrouvent pour des retraites spirituelles, des rencontres des mouvements de l’Église, mais aussi des réunions syndicales et des formations professionnelles.

En 2005, l’archevêque de Lyon décide d’ouvrir le domaine à tous pour offrir un service d’hôtellerie‐restauration tout en conservant l’accueil de groupes confessionnels. En 2019, des travaux de rénovation et de modernisation sont entrepris dans les espaces communs et les salles de réunion. Le séminaire d’autrefois se transforme en un hôtel 3 étoiles moderne de 100 chambres. L’équipement technologique est totalement repensé (Wifi, TV avec VOD, écrans personnalisables dans les espaces communs…) ainsi que la restauration. Sa cuisine peut servir 400 repas. Un parc d’accrobranche est créé dans l’espace boisé du Domaine.

Le Domaine Saint‐Joseph s’étend sur 5 hectares situé au cœur de l’ensemble forestier de Francheville. Son parc comprend un espace boisé classé de 1,5 hectares. Il est régulièrement traversé par des animaux sauvages. La préservation de la biodiversité est une priorité. Aucune construction n’y est donc autorisée et la biodiversité y est préservée. Le parc fait l’objet d’une expertise arboricole annuelle, et chaque arbre est suivi individuellement.


RÉFÉRENCES DE l’ARTICLE

1.SERVICE NATIONAL DE LA MISSION UNIVERSELLE DE L’ÉGLISE (SNMUE), « Laudato Si’: une invitation à la sobriété, consommer autrement », Université d’été du lundi 24 août au vendredi 28 août 2020, Domaine Saint-Joseph , 38 allée Jean-Paul II – 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon. https://mission-universelle.catholique.fr/mission-universelle/sessions/302622-universite-dete-2020/

2. Cité par le Père Dominique LANG sur son site  : http://eglisesetecologies.com
LANG Dominique,
« Rendez-vous : L’écologie comme une mission », Églises et Écologies (E&E), 6 août 2020. https://eglisesetecologies.com/2020/08/06/rendez-vous-lecologie-comme-une-mission/
Voir aussi :
LANG Dominique, Petit manuel d’écologie intégrale, Avec l’encyclique Laudato Si’, un printemps dans le monde, Éditions, 20, 400 p. ISBN: 978-2-36452-117-9
LANG Dominique, Génatation Laudato Si, L’Église au défi de l’écologie intégrale, Bayard, 2020.
LANG Dominique, « L’Église de France et l’écologie, Études, 2019/1 (janvier), p. 83-96. DOI : 10.3917/etu.4256.0083. URL : https://www.cairn.info/revue-etudes-2019-1-page-83.htm
LANG Dominique, « Un monastère écologique, Solan », Études, 2015/1 (janvier), p. 65-66. DOI : 10.3917/etu.4212.0065. URL : https://www.cairn.info/revue-etudes-2015-1-page-65.htm
LANG Dominique, « L’environnement pose la question du sens », Revue Projet, 2012/3 (n°328), p. 75-79. DOI : 10.3917/pro.328.0075. URL : https://www.cairn.info/revue-projet-2012-3-page-75.htm
LANG Dominique, « Le défi d’une crise nucléaire durable », Revue Projet, 2012/2 (n°327), p. 78-80. DOI : 10.3917/pro.327.0078. URL : https://www.cairn.info/revue-projet-2012-2-page-78.htm
LANG Dominique, « Hésitation autour des OGM », Revue Projet, 2012/1 (n°326), p. 73-75. DOI : 10.3917/pro.326.0073. URL : https://www.cairn.info/revue-projet-2012-1-page-73.htm
LANG Dominique, « Naissance d’une éthique écologique chrétienne », Revue Projet, 2011/5 (n°324-325), p. 130-135. DOI : 10.3917/pro.324.0022. URL : https://www.cairn.info/revue-projet-2011-5-page-130.htm

3. Sur les services de la Conférence des évêques de France :

  • Service national de la mission universelle de l’Église (SNMUE),
  • Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI),

se reporter aux deux documents n°1, et au document n°2 figurant  ci-dessous.

Université d'été 2020

« Laudato Si’ : une invitation à la sobriété. Consommer autrement », Université d’été organisée par Service national de la mission universelle de l’église (SNMUE) et le Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI) du 24 au 28 août 2020 au Domaine Saint Joseph à Lyon


DOCUMENT n°1

SERVICE NATIONAL DE LA MISSION UNIVERSELLE DE L’ÉGLISE (SNMUE)

Aider les diocèses à s’ouvrir à la dimension universelle de l’Église.
La commission épiscopale pour la mission universelle confie au service la mission de servir la communion et la coopération entre Églises du monde. Le service aide à l’accueil et à l’accompagnement, des prêtres et religieuses ou religieux étrangers, anime le réseau des communautés catholiques francophones dans le monde et favorise les échanges entre Églises, c’est-à-dire entre les diocèses de France et les autres diocèses catholiques dans le monde.

RÉFÉRENCES
https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/structure/service-national-de-la-mission-universelle-de-leglise/


DOCUMENT n°2

SERVICE NATIONAL DE LA PASTORALE DES MIGRANTS ET DES PERSONNES ITINÉRANTES (SNPMPI)

Écouter et servir l’étranger et l’itinérant
La Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église confie à ce service, la tâche de servir la double mission pastorale des évêques : l’accueil et le « développement intégral » des personnes migrantes et des personnes itinérantes ; la promotion de la communion entre les personnes migrantes, les personnes itinérantes, leurs communautés, et les communautés de l’Église locale.

RÉFÉRENCES
https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/structure/service-national-de-la-pastorale-des-migrants-et-des-personnes-itinerantes/


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • « Laudato Si’ : une invitation à la sobriété. Consommer autrement », Université d’été organisée par Service national de la mission universelle de l’église (SNMUE) et le Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes (SNPMPI) du 24 au 28 août 2020 au Domaine Saint Joseph à Lyon.
  • Parc du domaine Saint-Joseph à Lyon (Rhône). Photo extraite de https://www.domaine-lyon-saint-joseph.fr/

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°417, lundi 10 août 2020

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Référence du présent article : http://www.savigny-avenir.fr/2020/08/10/laudato-si-une-invitation-a-pratiquer-la-sobriete-et-a-consommer-autrement-universite-dete-du-service-national-de-la-mission-universelle-de-leglise/
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Bernard Stiegler (1952-2020)

Nous venons d’apprendre le décès du philosophe Bernard STIEGLER le 6 août 2020. Bernard MÉRIGOT,  lui rend hommage.

Bernard STIEGLER (1952-2020). Réunion d’Ars Industrialis, Théâtre Gérard Philippe, Saint Denis, 7 janvier 2017. ©Photographie Bernard Mérigot/CAD.

J’ai eu la chance d’accompagner Bernard STIEGLER depuis les années 2010. Qu’il me soit permis de souligner son extrême bienveillance à l’égard de ceux qui s’intéressaient à l’oeuvre foisonnante, parfois déroutante mais toujours passionnante, qu’il bâtissait, livre après livre, séminaire après séminaire, conférence après conférence. Sa culture était étonnante, tout comme son extraordinaire productivité.

Au fil de ses nombreuses activités, il a contribué à former des réseaux qui comprennent aujourd’hui d’innombrables lecteurs, élèves, disciples et collaborateurs. Son oeuvre demeurera comme un exemple des curiosités engagées que doit manifester publiquement un philosophe dans un monde qui peine à analyser ses acquis, ses devoirs et ses potentialités, et surtout à anticiper les temps qui viennent.

Notre média numérique adresse ses sincères condoléances à ses proches, et à tous ceux à qui manque aujourd’hui, le maître qu’il a été, au plein sens socratique du terme.

Bernard MÉRIGOT
Rédacteur en chef de Territoires et Démocratie Numérique Locale (TDNL)

Bernard STIEGLER (1952-2020). Séminaire du 24 mai 2017, Plaine Commune, Saint Denis, 24 mai 2017. ©Photographie Bernard Mérigot/CAD.


ARTICLES CONCERNANT Bernard STIEGLER
en ligne sur http://savigny-avenir.info

Bernard STIEGLER (1952-2020). Séminaire du 24 mai 2017, Plaine Commune, Saint Denis, 24 mai 2017. ©Photographie Bernard Mérigot/CAD.


DOCUMENT

L’INTELLIGENCE NUMÉRIQUE COLLECTIVE

Selon Bernard STIEGLER, la décennie présente sera celle de l’ « économie de la contribution », qui consistera pour chacun à participer selon le principe de l’échange « pair-à-pair », traduction de l’américain peer-to-peer (« P2P ») qui désigne un modèle de réseau informatique dans lequel, contrairement au modèle client/serveur, chaque client est également serveur. Il ne s’agit plus pour la démocratie de redistribuer le pouvoir, mais de « savoir mettre en valeur son temps», c’est-à-dire de pratiquer l’intelligence collective à l’échelle des territoires.
•    Problème du politique : être, vivre, se supporter
« Le problème du politique, c’est de savoir comment être ensemble, vivre ensemble, se supporter comme «ensemble» à travers et depuis nos singularités (bien plus profondément encore que nos « différences ») et par-delà nos conflits d’intérêts. »

Bernard STIEGLER, « De la misère symbolique », Le Monde, 10 octobre 2003
•    Politique et unité de la cité
« La politique est l’art de garantir une unité de la cité dans son désir d’avenir commun, son individuation, sa singularité comme devenir-un. »

Bernard STIEGLER, « De la misère symbolique », Le Monde, 10 octobre 2003
•    Politique et amour des autres
« L’être-ensemble est celui d’un ensemble sensible. Une communauté politique est donc la communauté d’un sentir. Si l’on n’est pas capable d’aimer ensemble les choses (paysages, villes, objets, oeuvres, langue…), on ne peut pas s’aimer. Tel est le sens de la
« philia » chez Aristote. Et s’aimer, c’est aimer ensemble des choses autres que soi. »
Bernard STIEGLER, « De la misère symbolique », Le Monde, 10 octobre 2003

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Bernard STIEGLER (1952-2020). Séminaire du 24 mai 2017, Plaine Commune, Saint Denis, 24 mai 2017. ©Photographie Bernard Mérigot/CAD.
  • Bernard STIEGLER (1952-2020). Réuninon d’Ars Industrialis, Théêtre Gérard Philippe, Saint Denis, 7 janvier 2017. ©Photographie Bernard Mérigot/CAD.

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Référence du présent article : http://www.savigny-avenir.fr/2020/08/07/bernard-stiegler-1952-2020/
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Le refus par les citoyens du compteur/capteur/communiquant Linky est légal

Linky est un compteur/capteur/communiquant de données concernant les consommations d’électricité domestiques. Sa fonction principale n’est pas de totaliser les quantités d’énergie consommées, mais de capter, d’enregistrer et de transmettre un maximum de données personnelles sur les modes de vie des abonnés afin de les commercialiser. Le refus de son installation est légal. La photographie ci-dessous, prise le 5 août 2020 l’atteste.

« Refus légal du compteur capteur communiquant Linky. Pose forcée = infraction passible de poursuites civiles et pénales. Art. 226-4 à 432 du Code Pénal, Art. 544 du Code Civil. PROPRIÉTÉ PRIVÉE ». ©Photographie Bernard Mérigot/CAD

Le texte complet de l’affiche apposée sur le boîtier d’alimentation d’un pavillon est le suivant :

REFUS LÉGAL
du compteur capteur communiquant Linky
POSE FORCÉE = INFRACTION

passible de poursuites civiles et pénales
Art. 226-4 à 432 du Code Pénal, Art. 544 du Code Civil
PROPRIÉTÉ PRIVÉE


CONTRE L’EXPOITATION COMMERCIALE DES DONNÉES
DES ACTIVITÉS PERSONNELLES

Le « capitalisme numérique » fait l’objet d’études et de recherches universitaires permanentes. Les conclusions qui sont tirées par les sociologues, ethnologues et anthropologues de terrain du monde entier, membres de l’ International Sociological Association (ISA), créée par l’UNESCO, aboutissent à constater les continuités grandissantes des relations sociales fondamentales d’exploitation économique, d’aliénation culturelle et de domination politique.
Dans le dernier numéro de son bulletin, mis en ligne dans toutes les principales langues du monde, l’International Sociological Association s’exprime ainsi :

« Les utilisateurs des machines numériques constituent une nouvelle classe exploitée à travers les plateformes de médias sociaux ou les producteurs de médias numériques. Les technologies de surveillance menacent les droits individuels des citoyens ; et les intérêts du capital limitent le potentiel démocratique (…) . »

« On oublie souvent que la production de la culture médiatique mondiale contemporaine repose sur la communication et la coopération – lesquelles sont contrôlées et gérées par les géants du numérique. En tant qu’utilisateurs de plateformes de médias sociaux, nous faisons office de travailleurs numériques non rémunérés pour ces entreprises, sachant qu’elles exploitent les traces de nos données personnelles. »

« Mark ANDREJEVIC, sociologue australien, s’est intéressé à la logique des modèles commerciaux basés sur les données. Dans son article, il traite de la tendance croissante à la génération automatique de données et du rôle joué par les acteurs capitalistes qui les détiennent et les accumulent. » 

Refus d’installation d’un compteur électrique Linky. « Refus légal du compteur capteur communiquant Linky. Pose forcée = infraction passible de poursuites civiles et pénales. Art. 226-4 à 432 du Code Pénal, Art. 544 du Code Civil. PROPRIÉTÉ PRIVÉE ». ©Photographie Bernard Mérigot/CAD

POUR CONCLURE

Une démocratie n’est pas une maison à deux étages où les habitants du premier étage (le gouvernement, les administrations publiques, les multinationales…)  auraient le privilège d’imposer aux habitants du rez-de-chaussée (les citoyens) ce qu’ils doivent penser et faire. Il faut revenir aux idées défendues par John DEWEY : ce sont les citoyens qui savent mieux que quiconque ce qui est bon pour eux.

Nous savons tous que les données collectées par Linky seront aux mains d’innombrables intermédiaires et prestataires. Elles seront inévitablement pillées, détournées, vendues. Car le suivi, minute par minute, jour après jour, des consommations d’électricité, est porteur de précieux renseignements sur les modes de vie et des citoyens, là où ils habitent, dans leur foyer, dans leur famille. C’est une manne pour détecter de nouveaux marchés commerciaux et vendre de nouveaux produits.

L’organisation nationale qu’était EDF, voulue par le Général de Gaulle au lendemain de la Libération en 1946 sous la forme d’un Établissement public industriel et commercial (EPIC) a bel et bien disparu en devenant en 2004 une société anonyme (SA). Les directives européennes n’auront été qu’un prétexte pour imposer un choix contraire aux intérêts d’indépendance énergétique nationale.

Les  abonnés au service public de distribution de l’électricité ont la liberté de refuser de participer (gratuitement) à la collecte de données qui leur appartiennent, et de les mettre (gratuitement) à la disposition d’entités commerciales masquées. Rien ne garantit aujourd’hui la pureté de leurs intentions. Et rien ne garantit demain, ni la durabilité institutionnelle d’ENEDIS, ni la durabilité de ses intentions. Ni celle des gouvernants de demain. Ce qui est dit aujourd’hui n’engage en rien ce qui sera dit demain.

Linky chez soi, c’est un espion à domicile que l’on renseigne soi-même sur tous nos faits et gestes, ceux de nos proches, ceux de nos enfants. Pour toujours…

Bernard MÉRIGOT


RÉFÉRENCES
ECKER Marlen van den, SAVIGNANI Sebastian,
« Médias et communication à l’ére numérique », Dialogue Global, International Sociological Association (ISA), 10.2, 2020. https://globaldialogue.isa-sociology.org/volume-10-issue-2/
Marlen van den Ecker est professeur de sociologie à l’Université Friedrich Schiller d’Iéna (Allemagne) et Sebastian Sevignani, est professeur de Sociologie à l’Université Friedrich Schiller d’Iéna et à l’Université de Paderborn (Allemagne).


ARTICLES EN LIGNE sur http://savigny-avenir.info concernant Linky

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • « Refus légal du compteur capteur communiquant Linky. Pose forcée = infraction passible de poursuites civiles et pénales. Art. 226-4 à 432 du Code Pénal, Art. 544 du Code Civil. PROPRIÉTÉ PRIVÉE ». 5 août 2020 © Photographie Bernard Mérigot/CAD
  • Refus d’installation d’un compteur électrique Linky. « Refus légal du compteur capteur communiquant Linky. Pose forcée = infraction passible de poursuites civiles et pénales. Art. 226-4 à 432 du Code Pénal, Art. 544 du Code Civil. PROPRIÉTÉ PRIVÉE ». ©Photographie Bernard Mérigot/CAD

COMMENTAIRE
6 août 2020

Les structures, les dénominations et les évolutions de la distribution du service public de l’électricité ne sont pas simples.

Enedis (anciennement Électricité Réseau Distribution France, ERDF), est une société anonyme à conseil de surveillance et directoire, filiale à 100% d’EDF, chargée de l’aménagement de 95% du réseau de distribution d’électricité en France ;
Enedis a été créée le 1er janvier 2008 sous le nom d’ERDF, par la scission des activités de distribution d’électricité d’EDF avec les activités de production, de transport et de commercialisation de l’électricité. Elle a repris les activités préalablement assurées par EDF Gaz de France, EDF Réseau Distribution « qui opéraient en tant que directions d’EDF SA dotées d’une indépendance de gestion ».
Le 31 mai 2016, ERDF a pris le nom d’Enedis.

Elle ne doit pas être confondue avec RTE qui est le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en haute tension (supérieur à 50 kV (HTB).


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Référence du présent article : http://www.savigny-avenir.fr/2020/08/05/le-refus-par-les-citoyens-du-compteur-capteur-communiquant-linky-est-legal/

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Une caravane dans le désert. Le site http://savigny-avenir.info change sa photographie d’en-tête

Territoires et démocratie numérique locale (TDNL) a changé sa photographie d’en-tête le 2 août 2020. Un site Internet est un média qui contient d’autres médias. C’est une série d’emboîtements, tout à la fois textes, images, fixes ou animées, sons… Autant d’expressions, chacune marquée par une intentionnalité, implicite ou explicite, connue ou ignorée, qui prend sens à partir du moment où elle devient un discours : discours sur l’apparence, discours sur l’imaginaire, discours sur les réalités tues.


  • Ancienne Image. Allée cavalière bordée d’arbres.
    On se souvient de la photographie qui a été affichée sur la page d’accueil depuis 2009 jusqu’à hier : une longue et belle allée que l’on imagine cavalière, bordée d’arbres. Elle vient de quelque part, et va autre part. A une extrémité un château, à l’autre une forêt, sans doute. A gauche, une prairie clôturée. Au fond, à une certaine distance, et déjà hors de portée de voix, un promeneur solitaire, un marcheur qui s’éloigne. Le soleil s’est levé depuis peu, ce doit être tôt le matin, au printemps ou à l’automne. Nous sommes en Europe, peut-être en Angleterre, en France ou en Allemagne…

Allée cavalière bordée d’arbres. Première photographie utilisée pour l’en-tête du site http://savigny-avenir.info utilisée de 2009 à 2020.


  • Nouvelle image. Caravane dans le désert.
    A compter du 2 août 2020,  changement de décor. Une caravane dans le désert. Douze hommes et dix dromadaires montés chacun par un cavalier et deux marcheurs sans dromadaire. Le soleil est bas sur l’horizon, C’est sans doute le matin, aussi. Au rythme de ses pas, la caravane projette son ombre mouvante sur les dunes de sable.

    Caravane dans le désert. Deuxième photographie de l’en tête du site http://savigny-avenir.info à partir du 2 août 2020.

Pourquoi le désert ? Il n’existe pas une raison du désert, mais des raisons du désert. Chaque raison a une histoire. Chaque histoire à ses raisons. Et chacun possède en lui une histoire personnelle de désert : désert intérieur, désert imaginaire, désert culturel, désert religieux.
Quant-au déserts touristiques, en ce temps covidique de l’année 2020, les confinements, les masques, les distances-barrières dans les avions… les ont remplacés par des déplacements plus sobres et moins polluants, moins risqués aussi, à tous égards.

Histoire de déserts. Les raisons ne manquent pas : Pierre BENOÎT, Dino BUZZATI, René CAILLÉ, Charles-Eugène de FOUCAULT, Thomas Edward LAWRENCE, Jean-Marie LE CLÉZIO, Pierre LOTI, Théodore MONOD… et tant d’autres.
Et bien sûr, Friedrich NIETZSCHE, à propos de qui Monique BROC-LAPEYRE remarque que « Le désert croît, malheur à celui qui recèle des déserts » est une phrase en allemand, pleine d’allitérations : « die Wuste wächst, weh dem der Wüsten birgt ».

Histoire de camélidés, de chameaux aussi bien que de dromadaires.. Peut-être à cause de Saint Matthieu.

  • « Je vous dis encore : Il est plus facile à un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
    Matthieu 19 : 24
  • « Malheur à vous, scribes et Pharisiens, hypocrites ! parce que vous donnez le dixième de la menthe et de l’aneth et du cumin, mais que vous avez laissé les points les plus importants de la Loi, à savoir la justice et la miséricorde et la fidélité. Ce sont ces choses-ci qu’il fallait faire, sans laisser les autres choses. Guides aveugles, qui filtrez le moustique mais avalez le chameau ! »
    Matthieu 23 : 23, 24

L’hyperbole est fondée sur le contraste entre un minuscule moustique et un chameau, l’un des plus gros animaux connus des auditeurs de Jésus. Les Pharisiens filtraient leur vin à travers une passoire en tissu afin de ne pas avaler un moustique, ce qui les aurait rendus impurs du point de vue rituel. Au sens figuré, ils « avalaient» le chameau, qui était également impur selon le rituel (« Le chameau est impur pour vous », Lévitique 11 : 4)

La pensée de Jésus semble claire. Les Pharisiens montraient avec ostentation qu’ils observaient une exigence minime de la Loi, mais en toute discrétion, ils ne respectaient pas les principes moraux  les plus importants.

Une seule image suffit pour nous emmener au bout des territoires du monde, au bout des temps, au bout de la pensée.


RÉFÉRENCES
IPANDI Brice, La représentation du désert et ses enjeux en littérature francophone contemporaine. Lecture de « Les marches de sable » d’Andrée Chédid, « Marie d’Egypte » de Jacques Lacarrière et de « Macaire Le Copte » de François Weyergans. Université de Lorraine, 2014.


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Allée cavalière bordée d’arbres. Première photographie utilisée pour l’en-tête du site http://savigny-avenir.info utilisée de 2009 à 2020.
  • Caravane dans le désert. Deuxième photographie de l’en tête du site http://savigny-avenir.info à partir du 2 août 2020.

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Le Covid 19 est une remise en cause politique de la vie dans la cité (Alain FAURE)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°415, lundi 27 juillet 2020

Deux ordres de faits se sont superposés au cours de l’année 2020 : celui de l’état d’urgence sanitaire (EUS) lié à la crise du Covid 19, en France et dans le monde, et celui de l’accomplissement d’échéances électorales locales, en France :

  • l’ordre sanitaire : début du confinent (17 mars 2020), fin de l’état d’urgence sanitaire (10 juillet 2020), organisation de la sortie pour faire face à l’épidémie Covid 19 (annonces de déconfinements partiels et de menaces de reconfinements localisés en juillet 2020).
  • l’ordre électoral : premier tour des élections municipales (15 mars 2020), second tour des élections municipales (28 juin 2020), élections des maires (en juin et en juillet 2020), suivies par l’élection des présidents d’intercommunalités, de métropoles, de syndicats intercommunaux… (en juillet 2020).

Ces superpositions ne sont ni fortuites, ni anecdotiques. Elles ont des causes et elles ont des effets. Elles amènent une question concernant l’engagement politique dans la cité : en quoi le « pendant/après-Covid » est-il en rupture avec les représentations « classiques » concernant le pouvoir par rapport à celles qui existaient « avant-Covid » ?

La « distance sociale sanitaire » pour ralentir la propagation de l’épidémie Covid 19, matérialisée au sol à la peinture jaune, devant l’entrée de l’école primaire Paul Valéry à Épinay-sur-Orge (Essonne), le 13 juin 2020. Les parents venant chercher leurs enfants à l’école sont censés poser leurs pieds sur chaque point jaune, et pas ailleurs. © Photographie Bernard Mérigot/CAD.

Commentaire de l’illustration. Par ce marquage, l’espace public devient une route, ou une piste d’atterrissage, qui canalise et qui sépare le flux des déplacements et des stationnements des êtres humains. Ceux-ci sont comme des automobiles sur un parking, ou des avions dans un aéroport.
La politique se résume en définitive à une gouvernance des corps. Elle ne laisse qu’une seule alternative : obéir aux directives gouvernementales ou les transgresser pour jouir de la liberté individuelle de se déplacer.
On se souvient que le jeu Pokemon Go, apparu sur les téléphones portables en 2014. Ce jeu en réalité augmentée, constituait une introduction – commerciale et abêtissante – de la prise de possession de l’imaginaire sur la réalité territoriale. Elle a créé d’utiles réflexes que l’épidémie Covid-19 a désormais repris pour créer une réalité diminuée des rapports enfants/enseignants/parents. L’engouement éphémère pour l’application gouvernementale StopCovid sur les téléphones  portables en est un exemple (Voir DOCUMENT à la fin de l’article)

LES ÉMOTIONS POLITIQUES INATTENDUES
DE LA PENSÉE CONFINÉE

Alain FAURE, se fondant sur des journaux de confinement mis en ligne, observe que des « émotions politiques inattendues de la pensée confinée » sont apparues, se sont manifestées, et se sont développées. Ce concept original lui sert à constater qu’ une remise en cause citoyenne de la vie dans la cité s’est produite :

« Avec le confinement généralisé, la vague émotionnelle a aussi pris une tournure politique inattendue. Dans cette curieuse période de suspension des activités, les inquiétudes et les peurs ont été verbalisées sur un mode sensible, et passées au tamis d’angoisses et d’aspirations personnelles. Placés contre leur gré en situation d’isolement pendant de longues semaines, des milliers d’hommes et de femmes ont pris la plume sur Internet, dans la presse et dans différents cercles sociaux pour exprimer leurs états d’âme, comme si la vie recluse leur permettait de s’interroger à voix haute sur le sens de la vie dans la cité. » (1)

L’INTIMISATION DE LA POLITIQUE

La crise sanitaire Covid 19 demeurera un opérateur politique majeur du début du XXIe siècle. Certains intervenants en recherche-action pourraient la qualifier d’analyseur institutionnel. En tant qu’expérience politique, l’épidémie Covid-19 de la première moitié de l’année 2020 a accéléré la transformation citoyenne de l’engagement local. Elle a constitué une expérience qui a permis l’éclosion d’une pensée confinée en opérant une intimisation de la politique, c’est-à-dire un passage de la sphère publique à la sphère privée, de réflexions personnelles sur la nature profonde du bonheur de vivre et du besoin de faire communauté. (2)

Classiquement, les sciences politiques envisagent la politisation par les émotions selon plusieurs aspects :

  • celle des gouvernants instrumentalisant les passions individuelles pour asseoir leur autorité,
  • celle des citoyens, traversant des moments d’espoir, des moments de déception, et des moments d’indifférence,
  • celle des affects qui entraînent les mobilisations collectives pour construire des fronts de résistance.

L’emprise des ressentis émotionnels imprègnent de plus en plus « les prises de conscience politiques. Elle les formate. « Le militantisme, la délibération, la participation et les élections sont « indexés » aux fragilités des angoisses existentielles. »

Avant d’être représentative, la démocratie est sensible. Ce qui peut présenter des avantages. Ce qui peut aussi présenter plusieurs dangers dans une période où les systèmes politiques sont soumis aux tentations populistes, aux discours prophétiques, aux formes paradoxales des transhumanismes.


RÉFÉRENCES
1. FAURE Alain,
Les émotions politiques inattendues de la pensée confinée, Presses Universitaires de Grenoble, 2020, 11 p. ISBN 978‐2‐7061‐4955‐9 (ebook PDF) ISBN 978‐2‐7061‐4956‐6 (ebook ePub). Voir p. 5
Alain Faure est directeur de recherche en science politique au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) au sein du laboratoire PACTE (Université de Grenoble Alpes/Institut d’Études Politiques de Grenoble).
2. FAURE Alain et NEGRIER Emmanuel, La politique à l’épreuve des émotions. Presses Universitaires de Rennes, 2017.

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • La « distance sociale sanitaire » pour ralentir la propagation de l’épidémie Covid 19, matérialisée au sol à la peinture jaune, devant l’entrée de l’école primaire Paul-Valéry à Épinay-sur-Orge (Essonne), le 13 juin 2020. Les parents venant chercher leurs enfants à l’école sont censés poser leurs pieds sur chaque point jaune, et pas ailleurs. Photographie Bernard Mérigot/CAD.

DOCUMENT

STOPCOVID
Une fausse-bonne idée

Durant les mois de mai et de juin 2020, Ministres, élus et administrations ont annoncé avec délectation les mérites de l’application StopCovid qui pouvait-être téléchargée sur les téléphones mobiles des français et des françaises.
Le Gouverment en a fait la présentation suivante le 25 mai 2020 sur son site officiel.

StopCovid est une application qui s’inscrit dans le plan global de déconfinement du Gouvernement dans le contexte de l’épidémie de Covid-19. Les médecins et les plateformes de l’Assurance Maladie assurent la mission de détection des contacts des personnes maladies afin de rompre les chaînes de transmission. StopCovid se veut être un rempart supplémentaire contre le virus et vient compléter l’action de ces équipes et permet à chaque usager, sur la base du volontariat, de savoir s’il a eu un contact rapproché avec une personne malade ou de prévenir les autres utilisateurs s’il a été diagnostiqué comme un cas de COVID-19.

Stop Covid, c’est quoi ? C’est une application qui permet de prévenir les personnes qui ont été à proximité d’une personne testée positive, afin que celles-ci puissent être prises en charge le plus tôt possible, le tout sans jamais sacrifier nos libertés individuelles.
StopCovid est une application transparente, temporaire, téléchargeable sur la base du volontariat, qui s’inscrit dans le cadre de protection de la vie privée.

Comment ça marche ? Si vous avez téléchargé l’application sur votre téléphone, vous êtes informé lorsque vous avez été en contact rapproché (à moins d’1 mètre de distance pendant au moins 15 minutes) avec une personne (par exemple dans les transports en commun ou dans un commerce) qui a été diagnostiquée comme un cas de COVID-19 et qui est aussi utilisatrice de l’application.

Où télécharger l’application StopCovd ? « Téléchargez sur l’Apple Store. Disponible sur Google Play».

Nous constatons que la santé publique n’est pas spécifiquement un domaine de compétence du gouvernement mais celui de multinationales commerciales. Bien qu’étant une application gratuite « sous copyright du gouvernement », il reste à savoir sur la totalité des codes sources sont publics. Ce qui n’est pas sûr… Le plus grand danger est que ces données individuelles possèdent une valeur commerciale considérable. Elles constituent un gisement attrayant pour quantité d’utilisations dans le secret des personnes concernées.

RÉFÉRENCES
GOUVERNEMENT,
« StopCovid », 25 juin 2020. https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/stopcovid


ARTICLES EN LIGNE sur http://savigny-avenir.info

Anthropologie de la pensée Post Covid-19 : pollutions, multinationales, relocalisations. Un poème pour le « Jour d’après » Posted on 25 mai 2020 by Bernard MÉRIGOT LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°406, lundi 25 mai 2020 « Plus jamais de dépendance aux marchés internationaux ». Voila un exemple de la pensée post-Covid-19 que l’on peut lire en ce jour du 18 mai 2020 sur … Continue reading → Posted in Mondialisation / Démondialisation, Multinationales, Pensée post-Covid-19, Poème pour le Jour d’après, Pollution, Relocalisation |

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°415, lundi 27 juillet 2020

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Savigny-sur-Orge. Conseil municipal télévisé : la télédémocratie va-t-elle tuer la démocratie locale ?

La captation télévisée des séances des conseils municipaux, et leur diffusion en direct (streaming) sur le site Internet des mairies, sont-elles en train de tuer la démocratie communale ? La mauvaise qualité des images, un son inaudible et de très fréquentes et interminables coupures de connexion (vous savez, le cercle brisé blanc qui tourne, qui tourne, qui tourne…), rend incompréhensible et inaudible pour le citoyen de bonne volonté, assis devant son écran d’ordinateur, ce qui se passe durant les séances de conseil municipal qui se tiennent, Covid-19 oblige, à huis clos.
On doit se demander – avec gravité – si de telles diffusions qui s’apparentent à une téléréalité d’amateur, peu expérimenté et mal inspiré, ne constituent pas un motif supplémentaire pour renforcer le clan des abstentionnistes aux élections municipales.

Télédiffusion Internet de la séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge (Essonne) du lundi 13 juillet 2020 diffusée en direct sur http://savigny.org. Copie d’écran BM/CAD.

DÉCODAGE DE L’IMAGE D’UN CONSEIL MUNICIPAL

Cette image est une captation d’un écran d’ordinateur recevant par Internet la diffusion de la séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge du lundi 13 juillet 2020, à 20 H 20. L’affichage, en haut à droite, l’atteste. Elle est extraite de la diffusion qui a eu lieu en direct (streaming) sur le site de la mairie de Savigny-sur-Orge http://savigny.org. (1)

Nous sommes dans la Salle de fêtes de la Mairie de Savigny-sur-Orge (Essonne), 4e ville du département de l’Essonne. La camera a été placée sur la scène et cadre large un plan qui permet de voir les tables autour desquelles sont assis les 39 membres du conseil municipal. Comme elle ne zoome pas, on ne voit pas grand chose.

L’assistance est clairsemée. D’une part parce que les conseillers municipaux sont installées de façon à respecter les distances barrière liées au Covid-19, et d’autre part, parce qu’il y a beaucoup de conseillers municipaux « absents excusés ayant donné pouvoir ». N’oublions pas que nous sommes le lundi 13 juillet, en plein « pont » du 14 juillet (soit quatre jours : samedi 11 juillet, dimanche 12 juillet, lundi 13 juillet, mardi 14 juillet). Ceci explique cela. Ce qui ne veut pas dire que cela le justifie. La date de réunion du conseil municipal est visiblement venue perturber les vacances des conseillers municipaux, récemment élus le 28 juin 2020.

Au premier plan, la table où siège le maire Jean-Marc DEFRÉMONT, à sa droite et à sa gauche le premier et la seconde adjointe, Bruno GUILLAUMOT et Agnès DUPART. L’ancien maire Éric MEHLHORN est assis à la table perpendiculaire à gauche.

L’image comporte en son centre, un cercle blanc interrompu. Il tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. Il indique sur une image figée, c’est-à-dire fixe, que l’émission depuis la Mairie est interrompue. Aucun son ne parvient. Et il tourne, il tourne pendant des secondes, des minutes. Puis l’image animée revient quelques instants, avant de se figer à nouveau. On ne sait pas ce qui s’est passé et ce qui s’est dit pendant l’interruption.

Filmer une séance de conseil municipal ? Il faudrait faire l’histoire à la fois de l’histoire des techniques de sonorisation, d’enregistrement sonore et de prises de vue et leur rapport avec les interdictions / autorisations délivrées.  Histoire des techniques, histoire des usages, histoire des finalités poursuivies dans l’instant, des utilisations ultérieures, des archivages publics et privées… Images personnelles ou images collectives ? « C’est qu’une image ne parle jamais pour elle-même. Elle est prise dans des lectures contradictoires, même aberrantes, dépendant du contexte de sa réalisation et de sa diffusion ». (2) N’oublions pas que la fabrication d’une réalité fimée est toujours, dans son rapport à la réalité vécue, une manipulation. Pleine de bonnes intentions. Mais une manipulation quand même.

Une atteinte à la publicité de la séance. Il n’y a pas de public. La séance est donc à huis clos. La seule preuve au regard de l’obligation, sous peine de nullité, que la séance soit publique (c’est-à-dire que n’importe quel citoyen puisse y assister)  est cette diffusion vidéo. Le problème est que les caméras filment ce qu’elles peuvent ou ce qu’elles veulent. Et les micros captent difficilement la voix de ceux qui parlent, lorsqu’ils parlent. On ne sait pas qui parle. Il y a de grands blancs. La totalité dure presque une heure et c’est plutôt ennuyeux. On se demande qui peut bien avoir envie de regarder une telle vidéo.

Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge, et Christine DE RUFFRAY, conseillère municipale minoritaire lors de la séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge (Essonne) du lundi 13 juillet 2020, à 20 H 15. Extrait de diffusion Internet en direct sur http://savigny.org. Copie d’écran BM/CAD.

QU’EST-CE QUE LA POLITIQUE ?

La forme et la matière du politique. Doit-on considérer, comme foncièrement différentes, la politique telle qu’on peut la saisir au niveau global, par exemple à celui d’un État ou d’un gouvernement national, et la politique telle qu’elle peut être vécue au niveau local, par exemple d’une commune ? Qu’est-ce qui relève du global ? Qu’est-ce qui relève du local ?

Cela amène les anthropologues à s’interroger sur une question, à la fois simple et complexe. Qu’est-ce que le politique ? Le philosophe Jacques RANCIERE y répond de la façon suivante : « Le politique est la rencontre de deux processus hétérogènes ».

  • Le premier processus politique est celui du gouvernement. « Il consiste à organiser le rassemblement des hommes en communauté. Leur consentement repose sur la distribution hiérarchique des places et des fonctions. Jacques RANCIÈRE attribue à ce processus le nom de « police ».
  • Le second processus est celui de l’égalité. « Il consiste dans le jeu des pratiques guidées par la présupposition de l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui et par le souci de la vérifier ». Jacques RANCIÈRE attribue à ce processus le nom d’ « émancipation ». (3)

Le mot français police provient du mot latin politia, dérivé du grec πολιτεία (politeia), qui signifie « régime politique, citoyenneté, administration, partie civile » et du mot πόλις (polis), qui signifie « cité ».  L’anthropologue et politiste Didier FASSIN prolonge cette distinction en la déplaçant de la façon suivante :

  • Le premier processus correspond à la forme du politique, appréhendé sous diverses formes : « théâtre », « rituel », « institution »…
  • Le second processus correspond à la matière du politique, à ce qui se joue non seulement dans le quotidien des individus, mais pour l’avenir d’une société. (4)

CONCLUSION

Une atteinte à la publicité de la séance. Il n’y a pas de public. La séance est à huis clos. La seule preuve au regard de l’obligation légale, est que la séance soit publique (c’est-à-dire que n’importe quel citoyen puisse y assister), sous peine de nullité, est remplie par cette diffusion vidéo que l’on a envie de qualifier de minimaliste, produisant une démocratie communale inachevée. C’est la vidéo et Internet qui tiennent lieu de présence et de regard citoyenne, qui doit faire l’objet d’une interrogation au regard des exigences démocratiques.
Le succès ou les échecs d’une collectivité territoriale, comme une commune, ne tiennent ni à celui des seuls élus, ni à celui des seuls fonctionnaires. Les uns et les autres ont un destin commun : ils sont, les uns et les autres, indissociablement responsables.
Le premier problème est qu’en regardant ce streaming, du fait du son inaudible, des images non signifiantes imposées à notre regard, et à des coupures innombrables de l’émission, par le site de la mairie, on ne voit (presque) rien, on n’entend (presque) rien. Et surtout, on ne comprend (presque) rien. 
Au cours de cette séance, il a été procédé à l’élection de conseillers territoriaux appelés à représenter la commune au sein d’une intercommunalité,  l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre (GOSB). On ne sait pas qui a été candidat et qui a été élu.
Le second problème est qu’aucun compte rendu succinct de la séance (Relevé de décisions) n’a été mis en ligne sur le site officiel de la mairie http://savigny.org le soir même. En anthropologie de la communication, nous savons que le premier qui communique prend un risque. Mais il oblige les autres à  répondre après lui.
On constate que ce sont des citoyens critiques qui les premiers ont publié sur leur vision de ces séances à partir des vidéos diffusées en direct. (5)  La politique locale est devenue une sous catégorie de la critique cinématographique. Notre référence aux Cahiers du cinéma ne relève pas du hasard. On peut se demander qui en prend la mesure aujourd’hui.

Qu’est-ce que la forme du politique ? Et quelle est la matière du politique ? Nous retrouvons ici la pensée d’Hannah ARENDT pour qui « La politique traite de la communauté et de la réciprocité d’êtres différents sur la base de la reconnaissance de la pluralité humaine ». (6)

A méditer.

Bernard MÉRIGOT


RÉFÉRENCES
1. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE (Essonne),
http://savigny.org
2. GANZO Fernando et LEROY Alice,
« Des caméras aux mains de la police », Les Cahiers du cinéma, n°767, juillet-août 2020, p. 68-70.
3.
RANCIERE Jacques, Aux bords du politique, Paris, La Fabrique, 1998, p. 112.
4. FASSIN Didier, « La politique des anthropologues », L’Homme, n°185-186, 2008. http://journals.openedition.org/lhomme/24144 ;DOI : https://doi.org/10.4000/lhomme.24144
5. VAGNEUX Olivier, « Savigny-sur-Orge. Conseil municipal du 13 juillet 2020 : la fin de toute illusion sur Jean-Marc Defrémont », Le site d’Olivier Vagneux, 13 juillet 2020. https://oliviervagneux.wordpress.com/2020/07/14/13-juillet-2020-la-fin-de-toute-illusion-sur-jean-marc-defremont/
6. ARENDT Hannah, 1995, Qu’est-ce que la politique ? Éd. Ursula Ludz. Paris, Le Seuil, p. 31.

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Télédiffusion Internet de la séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge (Essonne) du lundi 13 juillet 2020 diffusée en direct sur http://savigny.org. Copie d’écran BM/CAD.
  • Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge, et Christine DE RUFFRAY, conseillère municipale minoritaire lors de la séance du conseil municipal de Savigny-sur-Orge (Essonne) du lundi 13 juillet 2020, à 20 H 15. Extrait de diffusion Internet en direct sur http://savigny.org. Copie d’écran BM/CAD.

ARTICLES EN LIGNE SUR LE MÊME SITE http://savigny-avenir.info


DOCUMENT

RETRANSMISSION AUDIOVISUELLE DES SÉANCES DU CONSEIL MUNICIPAL
EN DIRECT SUR LE SITE INTERNET DE LA VILLE
Exemple de cahier des charges techniques

Préambule
Dans le but d’élargir les dispositifs d’information citoyenne de l’ensemble de la population, la retransmission en direct (streaming) des séances du conseil municipal sur le site Internet de la ville a été actée dans le cadre du mandat municipal.
Article 1er : Objet du marché
Le présent marché a pour objet l’achat de matériel nécessaire à l’enregistrement audiovisuel des séances du conseil municipal et au traitement des données en vue de leur transmission en streaming via le site Internet de la ville de… L’installation devra fonctionner avec un technicien vidéo (cadreur réalisateur) + un technicien son. Le signal vidéo final, encodé en H264, sera envoyé vers une plate-forme de diffusion streaming type Dailymotion.
Article 2 : Spécifications techniques du matériel demandé
Caméras avec pied et batteries
1 mélangeur
1 moniteur
1 carte d’acquisition
1 PC portable
2 micros d’ambiance
Câbles
Kit de câblage nécessaire à l’ensemble du dispositif
Article 3 : Assistance technique lors de l’installation du dispositif
Le prestataire pressenti fournira une prestation d’installation, de paramétrage et de test sur une manifestation autre que le conseil municipal (réunion citoyenne, conseil municipal enfants, conseil consultatif retraités…) préalablement à la première séance filmée du conseil municipal. Cette séance de test permettra d’effectuer les réglages nécessaires à l’optimisation du rendu final.
Article 4 : Service après-vente et dépannage
En cas de défaillance de l’un des éléments du dispositif – caméra, mélangeur, moniteur, carte d’acquisition et PC –, le prestataire assure l’assistance par tout moyen à son niveau : prêt de matériel de remplacement, dépannage etc., permettant d’assurer la retransmission.
Article 5 : Garantie du matériel et des travaux de câblage
Durée de l’extension de garantie pièces et main-d’œuvre.
RÉFÉRENCES
COHEN-BACRIE Bruno, « Le protocole de retransmission des conseil municipaux en direct, Fiche pratique n°2, Territorial.fr, (s.d). Consulté le 1er août 2020. http://www.territorial.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/17397/TPL_CODE/TPL_OVN_CHAPITRE_FICHE/2680-consultation-guide-des-usages-du-protocole-et-des-relations-publiques.htm
Bruno COHEN-BAVRIE est Directeur de la communication de la ville d’Échirolles (Isère).

COMMENTAIRE du 23 juillet 2020
Une nouvelle fracture démocratique entre les conseils municipaux et les citoyens

Le conseil municipal n°3 de Savigny-sur-Orge s’est réuni le mercredi 22 juillet 2020 de 20 H à plus de minuit. Il a été impossible de se connecter en direct sur http://savigny.org.

La vidéo est accessible depuis ce matin 23 juillet en replay  sur https://www.savigny.org/actualites/conseil-municipal-du-mercredi-22-juillet Elle dure exactement 4 heures 9 minutes et 30 secondes. Qui va regarder un tel programme ? On peut se demander quels sont les élus qui peuvent penser que de telles carences (absence de connexion en direct et réalisation de mauvaise qualité) peuvent répondre aux exigences d’une démocratie participative et qui soit de nature :

  • à satisfaire aux obligations légales de publicité d’une assemblée délibérante publique ?
  • à intéresser les citoyens et à instruire sur les pratiques démocratiques ?

Nous sommes en présence d’une véritable fracture démocratique. Il y a deux types de collectivités territoriales qui désormais se réunissent à huis clos ou devant un public très limité :

  • Les collectivités qui mettent en ligne des captations de peu d’intérêt : mauvaise qualité du son, plans fixes (on ne voit pas à l’image qui est en train de parler, et si on le voit, on ne sait pas qui c’est), « blancs » interminables, propos allusifs voire confus…). De telles vidéos ne retiennent pas l’attention et leur longueur (plus de quatre heures dans le cas présent) produisent un inévitable ennui du public.
    De plus, l’habitude généralisée des collectivités de ne diffuser à la population aucun document public préalablement à la séance (Notes de synthèse, projets de délibération, Rapports…), le citoyen téléspectateur n’est pas en mesure de comprendre sur quoi porte les débats entre les membres du conseil municipal.
    Rappelons que la totalité des membres d’un conseil municipal (majorité et minorités) sont en possession, préalablement à la séance (ou doivent être en possession), d’un ensemble de documents publics :
    – une convocation comprenant de façon limitative les points inscrits à l’ordre du jour,
    – une note de synthèse concernant chaque projet de délibération inscrit à l’ordre du jour,
    – le projet de délibération soumise au vote.
    – éventuellement, rapport ou convention faisant l’objet de l’approbation par la délibération,
    Tous ces documents ne sont pas des documents définitifs, mais sont des documents publics et ont vocation à être rendus publics. Ils sont adressés à tous les membres du conseil municipal et sont donc communicables à tout citoyen.
  • Les collectivités qui ont les moyens techniques et humains de réalisation audiovisuelle, produisant des contenus de qualité à même de maintenir un lien fort avec leurs habitants.

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Savigny-sur-Orge. Chronique sur l’ « isègoria ». Que peut savoir un citoyen sur sa commune après une semaine de mandat du nouveau maire Jean-Marc Defrémont ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°413, lundi 13 juillet 2020

Qu’est-ce qui motive l’intérêt ou le désintérêt des citoyens pour les affaires publiques locales ? Peut-être le fait de disposer d’une façon effective des mêmes informations publiques dont disposent les services publics et les élus. Aucun motif de secret ne saurait autoriser la rétention de documents publics : ils appartiennent à tous dès qu’ils sont émis. Ils doivent, de ce fait, être immédiatement accessibles dans le cadre d’un Open data communal ambitieux et participatif.

RESPONSABILITÉS PARTAGÉES

Un maire est-il responsable de tout dans sa commune ? Oui et non. Les collectivités territoriales publiques (communes, intercommunalités, conseils départementaux, conseils régionaux, métropoles, etc.) se présentent aux citoyens sous deux états :

  • celui d’une administration permanente : les services municipaux,
  • celui d’élus renouvelés périodiquement par des élections : le maire, les adjoints…

Il en est de même, à d’autres niveaux, comme celui des ministères. Eux aussi sont affectés par ce double mouvement d’influences, à la fois centrifuges et centripètes :

  • la pression dominante exercée par les médias qui personnifient à l’excès l’action publique (elle n’est plus un acte collectif et anonyme, mais celui de personnes dont le nom est soit glorifié, soit stipendié),
  • la prétention avec laquelle certains élus s’approprient le travail quotidien de « leur » administration.

Ainsi, aussi bien les maires que les ministres, se transforment en des incarnations charnelles momentanées, responsables de tout ce qui est bien (« C’est grâce à ma politique »), des manquements et de ce qui n’est pas fait (« J’ai pris des mesures et je vais réformer tout ça »), et bien évidemment, de ce qui a été raté et qui continue de l’être (« C’est la faute de mes prédécesseurs »). Le problème est que, du temps des prédécesseurs, il existait déjà une administration publique. Le plus souvent, exactement la même.

La « politique du parapluie » des administrations et des élus est une pratique universelle. Mais, attention : danger !

Pangolin. Illustration extraite du Nouveau Larousse universel, 1949, p. 96.

LES CITOYENS-ÉLECTEURS-VOTANTS
SONT-ILS DES PANGOLINS ?

Le citoyen-électeur-votant, est une espèce en voie de disparition. Elle est actuellement remplacée par une autre espèce, celle du citoyen-abstentionniste qui a découvert que le non-vote est l’expression d’une opinion. Ce qui l’intéresse, c’est que les services municipaux de sa commune fonctionne bien, que l’accueil, les anticipations nécessaires, les interventions rapides, les réalisations efficaces… aillent d’une façon consensuelle, dans le bon sens. Qu’il vote, ou qu’il ne vote pas, il ne comprend pas le décalage entre les bilans de mandat, les programmes électoraux, et la réalité vécue dans le territoire quotidien où il habite et où, pour certains,  il travaille.

Le conseil municipal et l’administration communale doivent être une même « entreprise agile », c’est-à-dire une machine capable de s’adapter rapidement à des changements inattendus de son environnement tout en conservant une continuité stratégique, opérationnelle et humaine. Une continuité déterminante, car c’est elle qui permet de ne pas confondre la « réactivité » à courte vue et  l’ « agilité » anticipatrice.

Cela vaut bien évidemment dans les domaines de compétence de proximité dans lesquels un conseil municipal peut « encore » prendre des décisions. Cela vaut également dans les domaines de compétence distants qui dépendent d’autres collectivités (les intercommunalités) en menant les actions nécessaires, en construisant des dossiers, en étant présent pour convaincre ses autres partenaires. Parce qu’aucun territoire n’est seul. Tous sont entourés par des voisins qui eux aussi veulent une part de tarte.

DÉJÀ UNE SEMAINE…

Toutes les communes de France ont désormais des maires élus qui ont été renouvelés pour un mandat de six ans, de 2020 à 2026. L’élection des maires s’est faite en deux vagues, en mai (lorsque leur liste est arrivée en tête au premier tour du dimanche 15 mars), en juillet (lorsque leur liste a été élue au second tour du dimanche 28 juin).

  • Dimanche 5 juillet 2020. Conseil municipal n°1.
    Élection du maire Jean-Marc DEFRÉMONT
    Élections des 11 adjoints au maire
  • Jeudi 9 juillet. Conseil de la Métropole du Grand Paris (MGP) n°1 (La commune de Savigny-sur-Orge est représentée par Jean-Marc DEFRÉMONT, conseiller métropolitain)
    Élection du président de la Métropole du Grand Paris
  • Lundi 13 juillet 2020. Conseil municipal n°2
    Élection au sein du conseil municipal des conseillers territoriaux qui siègeront à l’établissement public territorial (EPT) Grand Orly Seine Bièvre (GOSB).
  • Jeudi 16 juillet 2020. Conseil municipal n°3
    Élection des membres du conseil municipal siégeant dans les commissions municipales
    Désignation des membres du conseil municipal dans divers conseils d’administration
    Indemnités du maire et des adjoints
    Modification des emplois permanents
    Compte administratif de l’année 2019

LA SÉANCE DU CONSEIL MUNICIPAL DU 16 JUILLET 2020

Commune de Savigny-sur-Orge. Séance du conseil municipal du 16 juillet 2020. Convocation, p. 1 et 2 Convocation : CONVOC 16 07 2020

« TOUS ÉGAUX, TOUS ÉGAUX, TOUS ÉGAUX … »

Lorsque l’on évoque les pratiques de la démocratie, l’exemple de la Grèce antique s’invite comme une référence automatique. Loin de constituer un modèle parfaitement égalitaire, celui-ci a le mérite d’avoir posé des principes naturels souvent oubliés, et qui font l’objet de débats inopportuns. Pourquoi certains éprouvent le besoin de discuter ce qui est naturel ?

  • Le droit naturel pour tous de participer aux assemblées locales. Janine CHÊNE rappelle que l’ « un des traits essentiels de la démocratie grecque est l’institution de l’ecclèsia, c’est-à-dire l’instauration d’une Assemblée du Peuple, qui est la réunion de l’ensemble des citoyens pour débattre et décider des affaires extérieures et intérieures de la cité ». (1) . Même si la participation effective de tous les citoyens doit être tempérée par le fait que leur travail empêchait certaines catégories sociales d’être présentes, le principe général est important et doit être retenu comme un fondement de la démocratie locale.
  • Le droit naturel de prendre la parole. A ce droit de réunion est associé, d’une façon inséparable, le droit de parler dans l’ecclésia. Ce droit de parole, reconnu à chaque citoyen, est ce que les Grecs appellent l’isègoria. C’est-à-dire un accès égal de tous les citoyens à la parole politique.

D’autres droits naturels découlent de ces deux premiers droits. Ils sont fondés sur un même principe d’égalité : le mot isos signifie de façon générale ce qui est « égal ». L’idée d’égalité est présente dans toute la pensée politique grecque :

  • isonomia, l’ « égalité devant la loi » (2)
  • isopsephia : le droit égal de voter.
  • isomoiria : « l’égalité des parts », l’égalité pour tous des droits, des biens et du pouvoir.
  • isokratia: l’égalité de pouvoir.
  • isotimia : l’égalité d’honneur et de considération.
  • isotéleia : l’égalité dans le paiement des impôts.

CONCLUSION

Janine CHÊNE, philosophe et helléniste, nous fait rêver en évoquant une démocratie qui paraît idéale. Avant que ne commence le débat à l’Assemblée du Peuple, qui traitait de tout ce qui concernait la cité, un héraut, c’est-à-dire un fonctionnaire territorial de l’époque chargé de faire les annonces solennelles –  interrogeait l’assistance : tis agoreuin bouletai. Qui veut prendre la parole ? Cela signifiait que quiconque voulait parler, le pouvait. La réponse était o boulomenos. Celui qui veut.

Tout en sachant qu’il y avait un risque à prendre la parole devant des citoyens assemblés. Ils détenaient la souveraineté judiciaire. Et avaient le pouvoir de bannir tout citoyen en inscrivant simplement son nom sur un petit tesson d’argile, un ostrakon. Voire de prononcer sa condamnation à mort. Socrate en sera victime : il parlait trop, posait trop de questions, et ce qui obligeait à réfléchir. Et surtout, il dénonçait le marchandisation de la parole publique. Un scandale. « Et une coupe de ciguë, une ! » (3)

Retenons que l’isègoria, qui est apparue au Ve siècle avant JC, n’a pas été établie par une loi ou un décret, mais par la coutume. « Cette institution radicalisa la démocratie athénienne, puisqu’elle permit le contrôle complet de la cité par les citoyens assemblés : l’Assemblée pouvait toujours, sur proposition d’un quelconque citoyen, rejeter la proposition de loi venant du Conseil (boulè) ou l’amender, ou ajouter à cette proposition. ». (4)

A méditer.

Bernard MÉRIGOT


RÉFÉRENCES

1.CHÊNE Janine, « L’égalité du droit à la parole dans la cité grecque : la notion d’isègoria », Chemins de traverse de la philosophie », https://cheminstraverse-philo.fr/politique/legalite-du-droit-a-la-parole-dans-la-cite-grecque-la-notion-disegoria-2/
Janine Chêne, Maître de conférences honoraire de philosophie. Université Pierre Mendès France, Grenoble.

2. VIDAL-NAQUET Pierre, Clisthène l’Athénien, Editions Macula, 1983, p. 31.

3. La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë, (Conium maculatum L.), plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). Très toxique, elle était à la base du poison officiel que des Athéniens administraient aux condamnés à mort.

4. GRIFFITH, « Isegoria in he Assembly of Athens » in Society and institutions. Studies presented to Victor Ehrenberg, Oxford, 1966

LEWIS J.D., « Isegoria at Athens: When Did It Begin ? », Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, Bd. 20, H. 2/3 (2nd Qtr., 1971), pp. 129-140.

Published by: Franz Steiner Verlag. https://www.jstor.org/stable/4435186


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Pangolin. Illustration extraite du Nouveau Larousse universel, 1949, p. 96.

Commune de Savigny-sur-Orge. Séance du conseil municipal du 16 juillet 2020. Convocation, p. 1 et 2 Convocation : CONVOC 16 07 2020


La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°413, lundi 13 juillet 2020


COMMENTAIRE du 13 juillet 2020
Séance n°3 du conseil municipal

Suite à la protestation de plusieurs élus concernant le mode de transmission de la convocation et des notes de synthèse, la séance n°3 du conseil municipal du jeudi 16 juillet, elle est reporté à la date du mercredi 22 juillet  2020.


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Savigny-sur-Orge à l’heure de la télédémocratie. Jean-Marc Defrémont (EELV) élu maire

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°418, lundi 6 juillet 2020

C’est à huis-clos que le conseil municipal de Savigny-sur-Orge s’est réuni le dimanche 5 juillet 2020 à 10 heures du matin. Il a élu Jean-Marc DEFRÉMONT (EELV), maire de la commune qui est la quatrième ville du département de l’Essonne. La liste qu’il conduisait était arrivée en tête lors du second tour de l’élection municipale du 28 juin 2020. L’accès du public à la Salle des Fêtes était interdit. Il était remplacé par l’accès « en direct » à la captation vidéo de la séance diffusée par le biais d’Internet sur http://savigny-org. Ces nouvelles pratiques interrogent l’avenir des démocraties locales. Elles mettent en cause la relation que les citoyens entretiennent avec elles, leur nature profonde et leurs formes qui sont étroitement liées.

Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge, après son élection au cours de la séance de conseil municipal du dimanche 5 juillet 2020. Extrait de vidéo de la séance diffusée sur http://savigny.org. Capture d’écran CAD.

RITES DÉMOCRATIQUES

Les ordres du jour des séances d’installation des nouveaux conseils municipaux, au lendemain d’une élection, offrent peu de surprises :

  • ouverture de la séance sous la présidence du doyen d’age de la nouvelle assemblée,
  • installation des membres élus,
  • élection du maire à bulletin secret,
  • élections de la liste des adjoints au maire.

De nombreux médias répètent que ce sont les électeurs qui désignent leur maire. Dans le cas qui nous intéresse, les citoyens votent pour élire le conseil municipal. Rappelons que ce sont les conseils municipaux qui ensuite procèdent  à l’élection du maire de la commune choisi en leur sein. Si les conseils municipaux, dans l’immense majorité des cas, élisent comme maire celui, ou celle, qui a conduit la liste arrivée en tête, ils peuvent élire tout autre membre qui en est membre.

HISTOIRES PERSONNELLES ET HISTOIRE COLLECTIVE

Jacques SÉNICOURT, conseiller municipal lors des deux précédents mandats (2008-2014 et 2014-2020), et doyen d’âge lors du présent mandat (2020-2026), a livré un message  de haute tenue. Évoquant la tendance grandissante à l’abstention manifestée à l’heure actuelle par les citoyens (le taux de participation au second tour à Savigny-sur-Orge a été de 35,36 %), il a rappelé les valeurs qui doivent unir les membres d’une assemblée communale.
Il insista sur le fait qu’une liste d’union politique se situe à le croisée d’histoires personnelles et d’une histoire collective. La victoire de Jean-Marc DEFRÉMONT et de la liste d’union qu’il a conduite, le faisant passer aujourd’hui de conseiller municipal minoritaire à celle de maire, élu par la majorité du conseil municipal, est l’aboutissement d’un travail accompli depuis 1983 par une suite de conseillers  municipaux socialistes (Élisabeth ROZE DES ORDONS, Georges NOUAILLE, Joël MAURICE, Jean-Claude LÉOST, Pierre GUYARD).
Il salua Louisette DA SILVA, ancienne adjointe au maire aux côtés de Raymond BROSSEAU (1915-1980), maire, conseiller général et sénateur. Depuis longtemps membre du parti communiste, elle est porteuse d’une partie de la mémoire de la commune, toujours présente avec le même enthousiasme, lors des moments forts  de la vie communale et municipale (qu’il s’agisse d’une élection, d’une réunion de quartier à Grand Vaux, ou des travaux du TramTrain).

Après l’appel au candidat (Jean-Marc DEFRÉMONT et Alexis IZARD sont candidats), il est procédé au vote.

  • Votants : 39
  • Bulletins blancs : 8
  • Exprimés : 31
  • Jean-Marc DEFRÉMONT : 27 voix. ÉLU
  • Alexis IZARD : 4 voix

Jean-Marc DEFRÉMONT a remercié et assuré qu’il agirait au mieux des intérêts de la commune. Après avoir rappelé les principales orientations de son programme, il a esquissé les changements qui lui apparaissent nécessaires.

Dans une seconde intervention il a défendu l’existence de l’opposition dans un conseil municipal.  « Son rôle est ingrat, mais elle constitue un garde-fou pour la majorité ».

Éric MEHLHORN, vice-président du Conseil départemental de l’Essonne, conseiller municipal de Savigny-sur-Orge lors de la séance d’installation du nouveau conseil municipal du dimanche 5 juillet 2020. Il a été maire de  la commune de 2014 à 2020. Capture d’écran CAD.

LA DÉMOCRATIE PEUT-ELLE ÊTRE UNE TÉLÉRÉALITÉ ?

Un conseil municipal constitue-il un spectacle ? La question aurait été jugée incongrue si elle avait été posée aux députés et aux sénateurs qui ont voté la Loi municipale du 5 avril 1884. En 2020, un peu plus d’un siècle après, la question se situe dans un autre contexte. Les progrès des techniques (cameras vidéo, ordinateurs et réseaux Internet) ont apporté des moyens de captation et de diffusion des sons et des images des débats des assemblées. A cela s’ajoute les mesures sanitaires liées au confinement Covid-19 qui confèrent aux numérique un rôle de remplacement de l’assistance physique du public lors des séances des assemblées délibérantes.

Convocation à la séance d’installation du conseil municipal de Savigny-sur-Orge du dimanche 5 juillet 2020.

CONCLUSION

Quel est l’effet d’une telle séance à huis clos et de sa diffusion vidéo sur Internet ? A l’évidence :

  • un effet de contrôle et de mesure pesant sur les élus : « On est filmé ! »
  • une distanciation du citoyen-spectateur vis-à-vis de ce qui se passe dans l’assemblée délibérante. Le fait que l’on soit obligé de regarder un écran, qui impose une seule image, conditionne  « un certain regard » : on ne peut tourner ni la tête ni les yeux. On est obligé de regarder ce qu’on nous montre.
    La technique de captation d’un évènement est une technique complexe qui induit (au sens électrique de l’induction) une réalité. Il y a des coupures d’images et des blancs sonores causés par l’absence de micros à certains moments…
  • une solitude terrible du citoyen intéressé par la gestion locale qui ne rencontre plus personne… puisqu’il regarde les séances de son conseil municipal tout seul sur son écran d’ordinateur. C’est la grande solitude du télé-citoyen.

Les citoyens s’intéresseront-ils demain davantage à la vie publique locale ? Personne ne peut le dire. Seule une mise en ligne systématique, dans le cadre d’un Open Data territorial (communal, départemental, régional, métropolitain…), comprenant la totalité des documents publics, actualisé en permanence, et accessible par tous, de façon permanente, est de nature à restaurer les liens distendus entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés, entre ceux qui administrent et ceux qui sont administrés, entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent.

Cet Open data est la seule façon pour que, préalablement à tout débat sur quelque dossier public qui soit, puissent être levées les suspicions légitimes de l’électeur, formulées dans ce moment d’indécision où il se demande s’il va aller voter, regarder les résultats sur un écran, ou faire toute autre chose,  par une question sans cesse répétée : Qu’est-ce qu’on nous cache ?

L’Open Data est un préalable à toute avancée dans la voie d’une authentique démocratie participative. C’est une urgence pour réaliser l’écologie démocratique des territoires.

Bernard MÉRIGOT


Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge et les 11 adjoints au maire élus le dimanche 5 juillet 2020.

 


DOCUMENT

QUI A ÉTÉ ÉLU ?  ET QUI A SIÉGÉ LORS DE LA SÉANCE ?

Au soir du 2e tour de l’élection, le 28 juin 2020, trois listes ont obtenu des élus :

  • Liste de Jean-Marc DEFRÉMONT  (LVEC / EELV) : 27 élus
  • Liste d’Éric MEHLHORN (LLR): 5 élus
  • Liste d’Alexis IZARD (LREM) : 4 élus
  • Liste d’Olivier VAGNEUX (LDIV) : 3 élus
    TOTAL : 39 élus

Ont été élus sur la liste conduite par Olivier VAGNEUX :

  • Olivier VAGNEUX (1er de liste),
  • Anneva HERMIDA (2e de liste)
  • Jean-Marie CORBIN (3e de liste)

Olivier VAGNEUX a démissionné « pour convenances personnelles » le 29 juin 2020 par lettre recommandée. Il n’a pas été installé en tant que conseiller municipal.
Afin de maintenir le nombre de 3 élus, Christine de RUFFRAY (4e de liste)  a été appelée à siéger.

Sont donc conseillers municipaux de la liste :

  • Anneva HERMIDA (2e de liste)
  • Jean-Marie CORBIN (3e de liste)
  • Christine de RUFFRAY (4e de liste)

Lors de la séance d’installation du 5 juillet 2020, Jean-Marie CORBIN était absent excusé. Il a donné son pouvoir à Christine de RUFFRAY qui était présente. Elle a donc voté pour elle et pour Jean-Marie CORBIN.

LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS

  • Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge, après son élection au cours de la séance de conseil municipal du dimanche 5 juillet 2020. Capture d’écran de la diffusion par Internet de la vidéo de la séance. CAD / http://savigny.org
  • Éric MEHLHORN, vice-président du Conseil départemental de l’Essonne, conseiller municipal de Savigny-sur-Orge lors de la séance d’installation du nouveau conseil municipal du dimanche 5 juillet 2020. Il a été maire de  la commune de 2014 à 2020.
  • Jean-Marc DEFRÉMONT, maire de Savigny-sur-Orge et les 11 adjoints au maire élus le dimanche 5 juillet 2020.

DOCUMENT

A SAVIGNY-SUR-ORGE, LE « PINCEMENT AU CŒUR » D’ÉRIC MEHLHORN
Aucun applaudissement, aucune clameur de la foule. C’est en toute sobriété que le conseil municipal d’installation de Savigny-sur-Orge s’est tenu, en une heure, ce dimanche matin 5 juillet 2020.
Après six années aux commandes de la 4 e ville de l’Essonne, Eric MEHLHORN (LR) siège dorénavant sur le banc de l’opposition. « C’est avec un pincement au cœur que je vous laisse la place, lance-t-il à Jean-Marc DEFRÉMONT (EELV), élu ce dimanche avec 27 voix sur 39 bulletins. Notre groupe aura un œil particulièrement attentif sur vos actions. Je souhaite que ce qui a été mis sur les rails pour faire évoluer la ville ne soit pas arrêté du jour au lendemain. Nous avons pris à cœur de redresser les finances de la ville, et nous vous remettons les clés de la municipalité avec des finances assainies. »
Un travail d’opposant sur lequel compte le nouveau maire : « Le connaissant je sais qu’il restera attentif comme conseiller municipal mais aussi comme vice-président au sein du département pour défendre les intérêts de notre ville. » Eric MEHLHORN, bras croisé, opine de la tête. « Une majorité ne peut fonctionner correctement que lorsqu’elle a un garde-fou », conclut Jean-Marc DEFRÉMONT.
Le Parisien Essonne, 6 juillet 2020. https://www.leparisien.fr/essonne-91/essonne-dans-cinq-grandes-villes-ces-maires-sortants-desormais-opposants-05-07-2020-8347689.php

Nos articles proposent des analyses vis à vis desquelles certains sont libres d’avoir un avis différent. Ils évoquent des faits, des dates, des personnes. Malgré le soin apporté à leur rédaction, des inexactitudes peuvent subsister. Vous pouvez nous faire part de vos commentaires en nous adressant un mail à l’adresse figurant sur notre site. Nous tiendrons compte des observations qui seront faites et apporterons les corrections nécessaires.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°418, lundi 6 juillet 2020

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